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Le débrief politique. Gifle de Manuel Valls : "La démocratie, ça ne peut pas être la violence", selon le candidat

Maneul Valls giflé sur le terrain, Emmanuel Macron seul en tête, Arnaud Montebourg et Gérard Filoche côte à côte, Nathalie Kosciusko-Morizet décroche la 2e circonscription de Paris. Tout ce qu'il ne fallait pas rater de l'actualité politique du mardi 17 janvier, avec Yaël Goosz.

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L\'ancien Premier ministre et candidat à la primaire, Manuel Valls, en visite dans une entreprise de Lamballe, avec le président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, le 17 janvier 2017.
L'ancien Premier ministre et candidat à la primaire, Manuel Valls, en visite dans une entreprise de Lamballe, avec le président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, le 17 janvier 2017. (JEREMIAS GONZALEZ / MAXPPP)

Dans une campagne, rien ne se passe jamais comme prévu

A cinq jours du premier tour de la primaire de la gauche, Manuel Valls a passé un nouveau moment difficile. Après la farine de décembre, la gifle de janvier : l'ex-Premier ministre a reçu un léger coup au visage, lors de sa visite sur la commune de Lamballe, dans les Côtes d'Armor. "Je n'ai jamais eu peur du contact et du rapport avec les compatriotes. Mais je sais que la démocratie, ça ne peut pas être la violence, a estimé Manuel Valls. Un individu qui frappe un responsable politique, c'est évidemment toujours grave." L'agent de sécurité a aussitôt plaqué au sol le jeune homme de 19 ans, qui a effectivement, d'un revers de main, touché le visage du candidat. Valls, touché, mais pas coulé. Une simple péripétie de campagne.

En coulisses, l'équipe de Valls met le turbo

C'est l'info du débrief politique, tout est prêt pour le premier tour de la primaire : une grande salle, la Maison de la Chimie à Paris, réservée pour dimanche 22 janvier, un meeting programmé le lundi en Bretagne, avec Jean-Yves Le Drian... Il y a aussi les éléments de langage, comme par exemple : "S'il perd, c'est la fin du PS !" Un avertissement, une dramatisation signée d'un ministre pro-Valls. Le candidat, lui-même, a fait passer la consigne lundi 16 janvier, en réunion, à ses lieutenants : "Vous pouvez lâcher les coups !" Sauf envers le président de la République : "Ne dîtes rien sur Hollande", a précisé Manuel Valls.

Hollande, le président qui ne soutient officiellement personne

Derrière la retenue officielle, se cache une vraie rancoeur dans le clan de Manuel Valls. Personne n'a digéré "l'opération Drucker", cette fuite au théâtre dimanche 15 janvier au soir, en plein débat, pour bien montrer que la primaire est le cadet des soucis du chef de l'Etat. Chez Valls, le harcèlement téléphonique continue auprès des membres du gouvernement, encore mutiques. Dimanche, après le vote, quatre hollandais pourraient rallier Manuel Valls : Stéphane Le Foll, André Vallini, Martine Pinville et Clothilde Walter. Si rien ne bouge, alors il faudra y voir la main de François Hollande. Une drôle de fin de quinquennat, décidément : sacrifice de sa candidature, mais supplice pour le socialiste qui lui succède. Ne rien faire ? Soutenir Macron par efficacité contre Le Pen ? Rester fidèle à la famille PS qu'il a dirigée pendant 11 ans ? François Hollande tire ses dernières ficelles.

Arnaud Montebourg et Gérard Filoche, main dans la main

Gérard Filoche, l'ex-inspecteur du travail, qui ne s'est jamais remis de ne pas avoir pu être candidat, faute de parrainages suffisants, a rebondi en soutenant Arnaud Montebourg. Ils ont soutenu ensemble, mardi 18 janvier, les grévistes d'un restaurant Mc Donald's, situé à la gare du Nord, à Paris. "Cela fait cinq ans que le SMIC a été bloqué. Si on veut un peu redistribuer les riches, un peu faire du bien aux gens, il faut commencer par augmenter les salaires, a déclaré Gérard Filoche, avant d'ajouter qu'Arnaud Montebourg était "le candidat de la fiche de paye", ce qui implique, selon lui "d'abroger la loi El Khomri". Des propos que s'est empressé d'approuver Arnaud Montebourg. Le candidat se dit prêt à ouvrir des discussions avec Mélenchon et Jadot, mais pas nécessairement avec "Mr X", le nom qu'il donne à Emmanuel Macron.

Macron marche sur l'eau

Pas un jour ne se passe sans que le candidat d'En Marche obtienne de ralliement, remplisse les salles, fasse la une des journaux. Par ailleurs, de grands élus socialistes sont prêts à perturber symboliquement le premier tour de la primaire. C'est la dernière initiative du sénateur et maire du Mans, Jean-Claude Boulard : il votera dimanche 22 janvier, mais en mettant un bulletin "Macron" dans l'urne de ses camarades PS. "Tout le monde peut, avec son imprimante, fabriquer un bulletin 'Macron'", remarque l'élu. C'est un symbole, un message." Jean-Claude Boulard n'y voit pas d'action contre sa famille politique. "Quand on veut être présent au second tour, il faut savoir tenir compte de l'opinion", dit-il. Dans le Rhône, chez Gérard Collomb, ce sont même une cinquantaine d'élus PS qui ont décidé de ne pas participer à cette primaire.

Plusieurs obstacles s'annoncent sur la route de Macron

Pour l'instant, Emmanuel Macron attire. C'est la force centripète, mais il y a au moins trois gros obstacles sur sa route. D'abord, son projet : pour l'instant, il n'est pas passé à la moulinette, comme l'a été celui de François Fillon. Ensuite viendront les investitures pour les législatives : comment trancher, puisque Macron n'a aucune expérience pour ce qui est de manager un parti ? Troisièmement, qui va gagner la primaire ? Si c'est Hamon ou Montebourg, la route est dégagée. En revanche, si c'est Valls, avec une forte légitimité et une forte participation, alors le PS aura encore son mot à dire. Comme le résume un ministre : "Si Valls échoue, chez les députés ce sera "la voilée de moineaux" vers Macron".

A droite, on sort les parachutes

C'est l'autre information du débrief politique. Après un petit score à la primaire, l'horizon se dégage pour Nathalie Kosciusko-Morizet : François Fillon lui laisse la 2e circonscription, à Paris. Une circonscription en or pour la droite, alors que l'ancienne candidate à la primaire avait hérité, dans un premier temps, d'une circonscription acquise à la gauche. La 2e circonscription, c'est aussi celle que visait une autre ancienne ministre sarkozyste, Rachida Dati. Son entourage le reconnaît, "si NKM perd les législatives en juin, sa voix n'existera plus". Cependant, sa garde rapprochée n'y voit aucun parachutage : "Elle ne change pas de ville, elle n'a pas de leçon de courage à reçevoir", lâche un conseiller.

La note du débrief

18 sur 20 pour Jean-Luc Bennahmias, le candidat inclassable, trublion, "bad boy" des débats polis de cette primaire à gauche. Cette note, c'est l'entourage de Manuel Valls qui la donne. "Merci Jean-Luc, quand tu es là, ça détend l'atmosphère et ça fait sourire les autres candidats". Jean-Luc Bennahmias, animateur d'ambiance de la primaire ? C'est toujours plus drôle que de prendre une baffe sur le terrain.

L\'ancien Premier ministre et candidat à la primaire, Manuel Valls, en visite dans une entreprise de Lamballe, avec le président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, le 17 janvier 2017.
L'ancien Premier ministre et candidat à la primaire, Manuel Valls, en visite dans une entreprise de Lamballe, avec le président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, le 17 janvier 2017. (JEREMIAS GONZALEZ / MAXPPP)