Le chauffage au bois, avantages et inconvénients

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Alors qu'on parle énormément des prix du gaz et de l'électricité ces temps-ci, le magazine "60 Millions de consommateurs" a mené l'enquête sur une autre énergie, un autre mode de chauffage, le chauffage au bois. 

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Radio France
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Un poêle à bois (un insert) destiné au chauffage principal dans un appartement. (Illustration) (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

Fanny Guibert signe un dossier sur le chauffage au bois dans le magazine 60 Millions de consommateurs. En pleine actualité sur la hausse des prix de l'énergie, que permet le chauffage au bois ? 

franceinfo : Les prix d'abord : peut-on dire que c'est aujourd'hui en France le mode de chauffage le moins cher ?   

Fanny Guibert : Oui, le chauffage au bois se révèle économique. Si on raisonne en équivalent chaleur par kWh, on est aux environs de 5 centimes avec le bois, contre 8 pour le fioul et le gaz, avant la hausse, et 17 pour l’électricité.  

Ces prix ont-ils tendance à augmenter, comme le gaz et l'électricité ?   

Non, depuis un an, les prix pour les granulés bois en vrac ou en sac sont globalement stables, pas  d’embellie pour l’instant.  

Il y a beaucoup de Français qui se chauffent au bois ? Totalement ou partiellement ?   

On estime qu’environ 7 millions de logements utilisent le bois pour se chauffer et l’objectif des pouvoirs publics est qu’il y en ait près de 10 millions en 2023. Près de la moitié utilisent des inserts ou foyers fermés. L’insert comme son nom l’indique, est inséré dans une cheminée, et le foyer fermé ressemble à une cheminée. Dans les deux cas, il y a une enceinte fermée qui permet d’avoir une bonne combustion. En complément, on a environ 20% de poêles à bûches, 10% de poêles à granulés et 7% des chaudières.  

Il y a deux combustibles différents, les bûches et les granulés. Y en a-t-il un plus cher que l'autre ?   

Oui, les granulés sont plus chers que les bûches.  

Les granulés sont plus chers, quels avantages ont-ils par rapport à nos bûches qu'on brûle depuis la nuit des temps ?   

Ils ont l’avantage de pouvoir être gérés automatiquement par l’appareil ce qui offre un plus grand confort. Il est notamment possible de faire de la programmation et de lancer le poêle avant l’heure du réveil, pour ne pas avoir froid au petit déjeuner.  

Il y a aussi la question de ce qu'on utilise pour le brûler. Un poêle, ou une chaudière ? Quelle sont les différences ?   

Le poêle est une solution facile à mettre en œuvre avec un investissement de l’ordre de 4 000 à 5000 euros. Il peut permettre de bien chauffer la pièce principale, le cœur du logement. Il faut prévoir éventuellement d’autres appareils pour une salle de bain, un bureau ou une chambre éloignée. La chaudière, elle, représente un investissement plus lourd, de l’ordre de 12 000 euros. Il faut avoir la place de l’installer, mais c’est vraiment une solution à envisager.  

Et la cheminée alors ? Ce n'est pas une bonne solution ?   

Une cheminée n’est pas un appareil de chauffage, ses performances en matière de chaleur sont déplorables.  

Bon le sujet qui fâche maintenant, c'est la pollution. Le bois c'est renouvelable, mais ça pollue quand on le brûle...   

Oui, le chauffage au bois est le premier émetteur de particules fines dans l’Hexagone. Cela peut sembler incroyable, mais il arrive bien en tête, devant l’industrie, les transports et l’agriculture pour les émissions de particules. Le pire appareil côté pollution, c’est la cheminée ouverte. Personne n’imagine polluer avec une petite flambée. Mais "deux heures de feux de cheminée équivalent à 2 000 km parcourus avec un vieux diesel en termes d’émissions de particules" a indiqué récemment le ministère de la Transition énergétique.  

Face à cela l'État veut agir. Est-ce qu'on se dirige vers des restrictions ou des interdictions ?   

Les cheminées à foyer ouvert ne pourront bientôt plus être installées dans des maisons neuves. Les préfets devraient aussi prochainement annoncer des interdictions d’utiliser des vieux appareils, cheminées et/ou poêles, dans les zones les plus polluées. C’est d’ores et déjà prévu pour la vallée de l’Arve en Haute-Savoie. Ces vieux appareils sont polluants et il existe des aides pour les renouveler.    

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