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Israël, Portugal et Royaume-Uni : ces pays qui voient la pandémie de Covid-19 reculer

Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se passe ailleurs dans le monde. Aujourd’hui, le Royaume-Uni, Israël et le Portugal, où l'épidémie de Covid-19 est en passe d'être repoussée.

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Boris Johnson, le 29 avril 2021, à Londres.
Boris Johnson, le 29 avril 2021, à Londres. (DAN KITWOOD / POOL)

Alors que l'Inde est débordée par une flambée épidémique de Covid-19, enregistrant jeudi 29 avril plus de 3 600 morts, au Portugal, au Royaume-Uni et en Israël, l'épidémie est en passe d'être repoussée.

En Israël, aucun mort du Covid-19 mercredi, pour la troisième fois en une semaine

Pays leader en matière de vaccination, essentiellement avec le produit Pfizer BioNtech, Israel n'a comptabilisé aucun mort du Covid-19 mercredi 28 avril, pour la troisième fois en moins d'une semaine : on compte 1570 malades du coronavirus pour une population de 9 millions d'habitants et 120 malades graves. Soit dix fois moins que fin janvier. Le pays continue de tester avec une moyenne de 0,3% de tests positifs.

Les taux de vaccination sont impressionnants : quasiment 100% au-delà de 70 ans et plus de 80% au-delà de 40 ans. Contrairement aux confinements, le vaccin a permis de s'approcher du "zéro Covid". Cela se ressent dans les hôpitaux et dans la vie quotidienne : un cercle vertueux s'est installé, les hôpitaux sont désengorgés, et les personnels soignants moins fatigués. Et donc les malades mieux pris en charge... Le pays a donc rouvert ses restaurants, ses salles de sport, ses théâtres au début du mois de mars. A partir du 6 mai, la jauge pour les événements culturels, concerts, fêtes, festivals aura disparu, mais il faudra être vacciné et présenter le passeport vert pour y assister. Le retour des touristes vaccinés est prévu fin mai.

Il subsiste cependant une inquiétude, relative, autour des variants du virus : 41 personnes sont positives au variant indien, mais aucune n'en est morte et le recul manque encore sur ce point. Notons que l'Inde est une destination très prisée des Israéliens. Dans l'autre sens, des centaines d'Indiens viennent en Israël notamment comme aides pour les personnes âgées.

Le Portugal s’apprête à boucler son programme de déconfinement

Au Portugal, on a bien recensé trois morts mercredi, mais zéro dimanche dernier. Soit un second jour sans décès causé par le Covid-19 depuis que le premier cas de coronavirus a été détecté au Portugal début mars 2020. Les chiffres sont encourageants : on est loin de la situation dramatique de janvier et février derniers. Qu’on en juge : 572 nouveaux cas dépistés mercredi en 24 heures, contre 16 000 fin janvier. Le confinement strict imposé dès le début de la grave crise sanitaire de l’hiver a fini par porter ses fruits. Les autorités gardent un œil sur l’indice de transmissibilité, qui est aux alentours de 1, incitant à la prudence. Quant à la présence des variants, le britannique représente 89 % des cas. Six cas du variant indien ont été détectés, 64 cas du variant sud africain, et 73 cas du variant brésilien de Manaus, dont 44 au cours des quinze derniers jours, c’est à dire depuis la reprise des vols de et vers le Brésil.

Le Portugal maintient cependant son plan de déconfinement et s’apprête ainsi à entrer dans la quatrième et dernière phase du déconfinement, prévue lundi 3 mai. Il y aura sans doute des différences régionales, en raison de du seuil de 120 nouveaux cas pour 100 000 habitants atteint ou franchi dans certaines municipalités. Mais, dans l’ensemble, la situation est satisfaisante. Il n’y aura pas d'autre état d’urgence : le pays passe en régime de calamité du système de protection civile. On parle même d’une anticipation de la fin du confinement dès ce week-end, les bars et restaurants pourraient retrouver des horaires illimités de fonctionnement, par exemple. Un énorme soulagement pour l’économie portugaise et pour toute la population.

Au Royaume-Uni, la campagne de vaccination est la fierté du gouvernement

Plus de 127 000 personnes sont mortes du Covid-19 au Royaume-Uni mais il semble que les choses vont mieux. Vingt-neuf décès ont été enregistrés mercredi et un peu plus de 2000 nouvelles infections. On est bien loin des pics à plus de 1 300 morts au mois de janvier. Evidemment, ces bons résultats ne sont pas le fruit du hasard : les Britanniques ont connu un confinement très strict pendant quatre mois, qui s'est relâché il y a tout juste deux semaines. Boris Johnson a d'ailleurs annoncé qu'une hausse des hospitalisations accompagnerait certainement la réouverture de l'économie - mais sa principale inquiétude reste l'entrée sur le territoire de mutations du virus. Ici, le variant indien n'est pas encore jugé aussi inquiétant que les variants brésiliens ou sud africains, mais il a déjà contaminé plus de cent personnes et l'on ignore sa résistance aux vaccins. Or, la campagne de vaccination est la fierté du gouvernement, avec 34 millions de premières doses déjà distribuées et plus de 13 millions de secondes doses.

Si le pays va mieux, Boris Johnson, lui, se retrouve au cœur d'une nouvelle polémique. Selon plusieurs sources citées par la presse britannique cette semaine, le Premier ministre aurait affirmé en privé à l'automne 2020 "plutôt laisser les cadavres s'empiler par milliers que d'imposer un nouveau confinement". L'intéressé dément catégoriquement mais cela risque d'accroître la demande pour une enquête publique sur sa gestion de la crise. L'affaire pourrait d'ailleurs prendre une nouvelle ampleur le mois prochain lorsque Dommic Cummings, l'ancien bras droit de Boris Johnson, répondra aux questions d'une commission parlementaire sur la réponse sanitaire. Il a déjà accusé le Premier ministre d'avoir fait rénover son appartement avec des dons privés et il pourrait se servir de cette opportunité pour partager de nouvelles accusations.

Boris Johnson, le 29 avril 2021, à Londres.
Boris Johnson, le 29 avril 2021, à Londres. (DAN KITWOOD / POOL)