Euro de foot, Coupe de l'America... l'accueil de grands événements sportifs en Allemagne et en Espagne

À côté des Jeux olympiques, d'autres grandes compétitions ont lieu en Europe cet été. En Allemagne, l'Euro de foot, est très attendu, alors qu'en Espagne, la Coupe de l'America ne fait pas l'unanimité.
Article rédigé par Sébastien Baer - Henry de Laguérie
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
Une fan zone à Berlin, le 12 juin 2024, installée pour l'Euro de football. (SEBASTIAN GOLLNOW / DPA / AFP)

Si le passage de la flamme olympique génère un véritable engouement, tous les Français n’adhèrent pas aux Jeux olympiques, seuls 37% attendent les Jeux "avec impatience", d'après Viavoice. Comment ce genre de grands événements est-il accueilli chez nos voisins ? Le Club des Correspondants part dans deux pays européens qui accueillent de grands événements sportifs cet été.

Première escale en Allemagne. Pendant un mois, l’Europe s’apprête à vibrer au rythme de la planète foot. L’Euro se déroulera du 14 juin au 14 juillet et cette année, c’est l’Allemagne qui accueille la compétition. Les fan zones, dans la capitale et ailleurs, ouvrent leurs portes mercredi 12 juin et le tournoi est très attendu. Nous irons ensuite en Espagne, qui organise à Barcelone la Coupe de l’America à partir du 22 août. Sauf que cette course de voile ne fait pas l’unanimité dans une ville au bord de la saturation touristique. Samedi 8 juin, des milliers de Catalans ont manifesté à Barcelone contre le surtourisme, dénonçant une gentrification.

Allemagne : l'Euro, 18 ans après une Coupe du monde mémorable

Ce sont 130 000 fans de foot qui sont attendus devant la Porte de Brandebourg à Berlin dans une fan zone grande comme dix terrains de football. Et 50 000 autres sont attendus à Hambourg sur un parking en plein centre-ville où ont été installés cinq écrans géants dont le plus grand fait 100 mètres carrés. Et des spectacles qui s’annoncent grandioses avec concerts et feux d’artifice, à Francfort ou à Munich qui accueillera vendredi le premier des 51 matchs de cet Euro, Allemagne-Écosse. Les stades seront pleins, 2,7 millions de spectateurs sont attendus. Le pays est prêt pour son Euro de football, 18 ans après avoir organisé la Coupe du monde.

Un Mondial 2006 que l’Allemagne avait organisé de main de maître et que personne n’a oublié. Tout était parfait, le temps d’un été : le soleil, omniprésent, l’équipe d’Allemagne, à nouveau séduisante, avait retrouvé son efficacité offensive après une série de performances médiocres. Les supporters étrangers découvrent une Allemagne très différente de celle qu’ils s’étaient imaginée, explique Wolfgang Maennig, professeur d’économie du sport à l’université de Hambourg. "Une certaine fierté nationale a vu le jour. Nous avons sorti les drapeaux, les gens se sont amusés et se sont tout de suite sentis bien. Tout à coup, des dizaines de milliers, voire des millions de voitures ont roulé avec le drapeau allemand. Les Britanniques, en particulier, qui ont une certaine image de l’Allemagne, ont dit qu’ils n’avaient pas du tout reconnu le pays, si décontracté, si accueillant… C’était très fédérateur, seul le football peut faire ça", dit-il.

L’Allemagne n’a pas remporté la Coupe du monde cette année-là, la Mannschaft a terminé troisième, mais cette parenthèse estivale a tellement marqué le pays qu’un mot a été créé, pour la désigner : "sommermärchen", "le conte de fées estival". Le terme est devenu si populaire qu’il figure même dans le dictionnaire. Ce conte de fées allemand pourrait-il se reproduire cette année ? Pour la météo, c'est encore incertain. Côté sportif, les récentes victoires de l’Allemagne contre la France, les Pays-Bas et la Grèce donnent de l’espoir aux supporters après une cascade de défaites en 2023. Certains voient leur équipe à l’une des quatre premières places de l’Euro, troisième ou quatrième, plutôt que premier d’ailleurs. Mais c’est indéniable, depuis le sommermärchen de 2006, le climat international est devenu plus anxiogène et la belle insouciance de l’époque s’est envolée.

Espagne : "Non à la Coupe de l’America"

La plus ancienne et la plus prestigieuse compétition de voile au monde, la Coupe de l'America, qui se déroulera du 22 août au 20 octobre, fait râler une partie des habitants de Barcelone. Pendant près de deux mois, six voiliers vont s’affronter dans la Méditerranée, cela devrait attirer près de 2,5 millions de visiteurs, en plus dans une ville au bord de la saturation touristique. Samedi dernier, des milliers de personnes ont manifesté contre le surtourisme, parmi eux Miquel et son drapeau "Non à la Coupe de l’America". "Malheureusement, cette Coupe de l’America nous apportera encore plus de touristes. Elle ne fera que vendre une fois de plus la marque 'Barcelone' qui ne fait que gentrifier la ville et expulser les habitants de leurs quartiers. Le problème, ce ne sont pas les voiliers en soi, ils ne polluent pas, mais c’est le modèle de ville que véhicule cette compétition. Ça va à l’encontre de toutes les actions qu’on doit mener contre la crise éco sociale actuelle", déplore ce manifestant.

Le pouvoir d’achat du public qui assiste à la Coupe de l’America est très élevé. Résultat, les prix dans les bars et les restaurants vont encore augmenter. Et le principal sponsor de la compétition, Louis-Vuitton, a eu le droit de privatiser le parc Guell pendant deux jours pour organiser un défilé de mode. Un événement qui a exaspéré les habitants. Une manifestation et des affrontements avec les forces de l’ordre s'en sont suivis.

Mais la compétition va tout de même rapporter de l’argent à la ville. La Coupe de l’America devrait laisser 1,2 milliard d’euros à Barcelone et créer près de 20 000 emplois. Et 32 ans après les Jeux olympiques, c’est une occasion pour la ville de se faire une beauté sans se lancer dans des projets démesurés, explique David Pino directeur du port : "On retrouve l’esprit olympique, mais cette fois-ci en relation avec la mer. Comme on n’a eu que deux ans pour se préparer, on a simplement accéléré des projets qui étaient déjà dans les cartons. On n’a pas fait de grandes constructions très coûteuses. On a fait des choses très raisonnables. Ce sera une édition écoresponsable. On ne se retrouvera pas avec des bâtiments inutiles, qui deviendraient rapidement obsolètes". Les organisateurs sont conscients que cet événement n’est pas forcément très populaire, alors ils mettent en avant sa durabilité et ils ont promis de faciliter l’accès des habitants à la compétition.

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