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Entre Donald Trump et Joe Biden, quelles seraient les préférences du Mexique, de la Russie et de l'Irak ?

Dans le Club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se fait ou se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui, les attentes du Mexique, de la Russie et de l'Irak face à l'élection présidentielle américaine.

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Des pancartes pour les candidats Donald Trump et Joe Biden à Miami en Floride, le 27 octobre 2020.
Des pancartes pour les candidats Donald Trump et Joe Biden à Miami en Floride, le 27 octobre 2020. (CHANDAN KHANNA / AFP)

Les Mexicains préfèrent Biden, Amlo reste neutre

Les Mexicains, eux, sont rassurés de ne plus être la cible constante des discours stigmatisants de Donald Trump. Ils ont célébré les maigres avancées dans la construction du mur. Aux États-Unis, entre 15 et 20 millions d'électeurs sont d'origine mexicaine. Des deux côtés de la frontière, les Mexicains penchent en majorité pour le candidat démocrate Joe Biden, qui, lui, prône une réforme migratoire pour offrir un statut légal aux Etats-Unis à des dizaines de milliers de personnes, en grande partie des Mexicains. Néanmoins, la méfiance est de mise puisque Barack Obama, avec Joe Biden comme vice-président, n'était jamais parvenu à faire passer sa réforme migratoire.

Le président mexicain, Andrés Manuel Lopez Obrador (Amlo), observe lui une réserve absolue. Curieusement, beaucoup d'analystes politiques pensent qu'il ne verrait pas d'un mauvais oeil une victoire de Donald Trump, avec qui il a forgé une bonne relation, malgré leurs différences idéologiques. Le président mexicain a scellé des accords importants avec son homologue américain dans le domaine commercial, mais aussi un pacte pour refouler les migrants originaires d'Amérique centrale. Un changement à la Maison Blanche avec l'arrivée de Joe Biden pourrait signifier un plus grand interventionnisme dans les affaires du Mexique, notamment dans le domaine des droits de l'homme et de l'environnement, ce que craint Lopez Obrador.

Russie / Etats-Unis : des relations toujours compliquées

Officiellement, la Russie traitera avec le président que les Américains éliront, quel qu’il soit. Car, tout aussi officiellement, la Russie ne s’ingère pas dans les affaires intérieures d’un autre État, quoi qu’en disent les services de renseignement étrangers. Ces dernières semaines, les médias d’État n’ont pas manqué d’appuyer sur les flambées de violence qui ont touché de nombreuses villes américaines, la gestion du coronavirus ou encore les antagonismes entre le candidat de l’industrie et du pétrole contre celui du savoir et des nouvelles technologies.

Les relations entre Moscou et Washington ne sont pas améliorées durant le mandat de Donald Trump. Plusieurs dizaines de sanctions ont été votées par le Congrès américain contre la Russie. Les États-Unis se sont retirés de l’accord sur le nucléaire iranien cher à Moscou, sans compter les difficultés rencontrées pour la prolongation des accords de désarmement nucléaire, dont le dernier expire en février prochain. Les relations russo-américaines sont unanimement reconnues comme très dégradées. Quant à Joe Biden, ses déclarations récentes faisant de la Russie la menace principale des Etats-Unis ont annoncé la couleur. Le Kremlin a vivement réagi à ces propos : "Nous ne pouvons que regretter que la haine absolue envers la Russie soit imposée de cette manière". Dès lors, que Donald Trump ou Joe Biden siège à la Maison Blanche, les relations entre Moscou et Washington resteront compliquées.

En Irak, pas de consensus sur le meilleur candidat

Les Irakiens veulent savoir quelle politique américaine sera initiée face à l'Iran au cours des quatre prochaines années. La politique de Donald Trump sur ce point a fortement impacté l'Irak en 2020. Les Irakiens veulent donc savoir si cette politique de "pression maximale", comme la nomme Donald Trump, sera maintenue, ou si les États-Unis vont au contraire adoucir leur approche face à Téhéran dans la région, comme le voudrait Joe Biden. Il y a également un autre dossier qui importe aux Irakiens, en raison de son impact : c'est celui des troupes américaines dans la région. Les deux partis américains plaident en faveur du retrait. Mais cette fois encore, leur approche varie, avec une méthode accélérée pour Donald Trump et une autre plus prudente, incluant des discussions avec l'OTAN, du côté de Joe Biden.

Aucune tendance en faveur d'un camp ou de l'autre ne se dessine au sein de la population irakienne, qui reste divisée sur ces questions. Certains considèrent que les forces étrangères devraient rester, au moins dans les régions à l'ouest du pays, dans les régions de Salahadin, au nord de Bagdad, ou encore de Nivive, tout au nord du pays, par crainte d'un retour de groupes terroristes comme Daech. Pour d'autres, la présence des forces américaines est vue comme une occupation, et elles devraient se cantonner au secteur de leur ambassade ou consulat.

Même division concernant le dossier iranien. Certains estiment que la politique de Donald Trump revient à jouer avec le feu, d'autres pensent au contraire que c'est la seule stratégie efficace pour contrer l'influence des milices soutenues par l'Iran en Irak.

Des pancartes pour les candidats Donald Trump et Joe Biden à Miami en Floride, le 27 octobre 2020.
Des pancartes pour les candidats Donald Trump et Joe Biden à Miami en Floride, le 27 octobre 2020. (CHANDAN KHANNA / AFP)