Le club des correspondants, France info

En Espagne, aux Pays-Bas et en Inde, quelles stratégies contre le Covid-19 ?

Dans Le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir tout ce qui se fait ou se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui, nous nous intéressons à la lutte contre la pandémie de Covid-19 en Espagne, aux Pays-Bas et en Inde.

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Une rue de Madrid au temps du coronavirus, le 1er octobre 2020.
Une rue de Madrid au temps du coronavirus, le 1er octobre 2020. (DAVID FERNANDEZ / EFE)

Alors que le ministre de la Santé Olivier Véran dresse jeudi 1er octobre le tableau hebdomadaire de la situation concernant le coronavirus, comment se passe la lutte contre l'épidémie à l'étranger ? Direction l'Espagne, les Pays-Bas et l'Inde.

L'Espagne durcit les restrictions à Madrid

En Espagne, le gouvernement central et l'exécutif régional de Madrid se font la guerre. Les autorités ont finalement décidé mercredi 30 septembre d'étendre à toute la capitale les mesures déjà en vigueur depuis une semaine dans les zones de la région les plus touchées par le virus.

L'exécutif régional annonce qu'il appliquera les mesures s'il y est contraint, mais promet un recours en justice. Il s'agit de ce qu'on appelle en Espagne un confinement périmétral : dans le périmètre où on peut se déplacer librement, il est recommandé de réduire ses déplacements au strict minimum mais aucune interdiction n'est mise en place. En revanche, quand on sort du périmètre ou quand on veut y rentrer, il faut présenter un motif valable : aller au travail, emmener ses enfants à l'école, ou se rendre chez le médecin.

Le périmètre en question, c'est la commune Madrid. Pour ceux qui habitent la capitale ou l'une des villes de banlieue, également très touchée par la pandémie, d'autres restrictions sont imposées. Les réunions sont limitées à six personnes, les commerces fermés à 22 heures et les restaurants à 23 heures. Ces derniers ne peuvent installer de tables que pour six convives maximum. Les parcs pour enfants sont fermés.

La présidente de la région a déclaré jeudi 1er octobre que Madrid n'entrera pas en rébellion. Elle exécutera les ordres du gouvernement central, mais en même temps, la région ira devant les tribunaux. Il est possible que la procédure prenne plus de temps que prévu. L'arrêté ministériel donne 48 heures pour mettre en place les restrictions, mais la région peut réclamer aux tribunaux de suspendre les mesures en référé en attendant de se prononcer sur le fond de la question.

Aux Pays-Bas, le gouvernement serre la vis

Le gouvernement néerlandais a décidé cette semaine, dans l'urgence, de durcir les mesures dans l'ensemble du pays. Restaurants et cafés doivent désormais fermer à 22 heures. À la maison, trois visiteurs seulement hors enfants sont autorisés. Les événements sportifs, professionnels comme amateurs, sont interdits au public. Sur les masques également le gouvernement durcit le ton : même s'il n'impose rien, il conseille vivement aux Néerlandais de le porter dans les espaces intérieurs publics comme les commerces. Jusque-là il ne fallait en avoir que dans les transports en commun. Les autorités conseillent également le port du masque dans les écoles, pas pendant les cours, mais au moins dans les couloirs et parties communes.

Cet important virage sur les masques en a surpris plus d'un. Après les annonces du gouvernement, la télévision publique néerlandaise ironisait. Selon elle, jusqu'à cette semaine, les Pays-Bas étaient en Europe comme le village d'Astérix et Obélix, l'un des derniers irréductibles face à l'invasion des masques. Pour une partie de l'opposition, ces dernières annonces sont l'énième preuve de l'échec de la gestion de cette crise sanitaire par le gouvernement néerlandais. D'abord parce que les mesures sont prises alors que le nombre de tests positifs augmente de façon inquiétante, notamment dans les grandes villes. Ensuite, parce qu'il ne s'agit en grande partie que de conseils, le gouvernement n'oblige à rien.

Même s'il n'y a jamais eu de confinement obligatoire, le pays connaît un mouvement non négligeable contre les mesures sanitaires. Depuis des mois des manifestations ont régulièrement lieu, certaines sont interdites. Elles ont déjà été marquées par des affrontements avec la police. Toutefois, selon un récent sondage commandé par la première télévision privée du pays, plus de 70% des Néerlandais sont favorables à un durcissement des mesures anti Covid-19.

En Inde, le déconfinement se poursuit

Le ministère indien des Affaires intérieures a annoncé jeudi 1er octobre la cinquième phase d'ouverture du pays. Les écoles et les cinémas vont être autorisés à rouvrir. Les rassemblements extérieurs de plus de 100 personnes sont désormais autorisées, alors que de nombreuses célébrations religieuses approchent. Une décision qui peut surprendre. D'une part elle va à rebours des tendances mondiales et d'autre part la pandémie est loin de reculer en Inde. Le pays enregistre plus de 80 000 cas de covid-19 chaque jour.  Le bilan de l'épidémie dans le pays approche les 100 000 morts et  il ne s'agit là que des chiffres officiels. Il n'y a en revanche pas de reprise des liaisons aériennes internationales en perspective.

Globalement, les Indiens ne sont pas très inquiets de cet allègement des restrictions. Dans les faits, la discipline de la population se relâche depuis un moment. En septembre déjà, les métros, les bars et les restaurants ont rouvert.

Il y a une urgence économique et sociale à déconfiner. Le PIB indien a plongé de près de 25% et les écoles sont fermées depuis six mois dans ce pays à la démographie très jeune. La question des écoles reste néanmoins épineuse. Il y a quelques semaines, le maintien de très grands examens avait fait bondir la jeunesse inquiète des risques de contaminations. D'ailleurs, chaque État indien a jusqu'au 15 octobre pour se prononcer sur la reprise ou non  des cours. Le Maharashtra, État de Bombay, poumon économique du pays, a déjà fait savoir qu'il ne serait pas de la partie.

Une rue de Madrid au temps du coronavirus, le 1er octobre 2020.
Une rue de Madrid au temps du coronavirus, le 1er octobre 2020. (DAVID FERNANDEZ / EFE)