Covid-19 : le retour des touristes en Espagne, en Grèce et en Colombie

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Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui, direction l'Espagne, la Grèce et la Colombie alors que la haute saison estivale approche.

Article rédigé par
Henry de Laguérie, Angélique Kourounis et Alice Campaignolle - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 4 min.
Des touristes profitent de la vue sur l'Acropole à Athènes, le 12 avril 2022. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

Le tourisme a particulièrement souffert de la pandémie de Covid-19. Le secteur se remet progressivement partout dans le monde. Direction l'Espagne, la Grèce et la Colombie.

En Espagne, les touristes et leurs nuisances reviennent à Barcelone

Le parc Güell, le marché de la Boqueria ou la Sagrada Familia sont de nouveaux pris d’assaut. Depuis Pâques, Barcelone fait le plein de touristes et on entend surtout parler français. "Depuis trois ans c'est notre premier voyage, indique Béatrice, une jeune retraitée de Lille qui est venue avec des amis. C'est formidable, c'est une très belle ville. Il y a beaucoup de choses à voir et à faire. On se régale." Les hôtels de Barcelone et de la Costa Brava affichent des taux d’occupation de 90%. C’est le même niveau qu’en 2019. C’est une bonne nouvelle dans une ville où le tourisme représente 14% des emplois. "Ce sont des touristes qui veulent dépenser plus qu'avant, indique Bruno Hallé, spécialiste du secteur hôtelier. Ils ont pu garder de l'argent et veulent le dépenser maintenant. Et nous avons des bonnes prévisions pour les prochains mois."

Le retour du tourisme de masse s’accompagne de nuisances. Pendant plus de deux ans avec l'épidémie de Covid-19, les barcelonais se sont réapproprié le centre-ville. On a vu par exemple des enfants jouer dans les fontaines de la très touristique Plaza Real. Mais depuis quelques jours, les nuisances font donc leur retour : rues saturées, bruit, impact sur l’environnement. "Je crois que l'on n'a rien appris, déplore Jordi qui vit à côté de la Rambla. Il faut trouver un équilibre et quelqu'un doit faire quelque chose parce que cette ville est quand même à nous. Bien sur le tourisme apporte de la richesse mais on ne peut pas vivre seulement de cela. Ce tousime n'est pas durable." Mais après deux années très compliquées pour l’économie de la ville, la décroissance touristique qu’appelait pourtant de ses vœux la mairie ne semble plus vraiment d’actualité.

En Grèce, la saison s'annonce prometteuse

Le pays a déjà commencé à lever ses restrictions sanitaires en vue de la saison touristique que la Grèce a ouverte en mars dernier avant tout le monde. Une saison qui s'annonce des plus prometteuses malgré une inflation de 8% et la guerre en Ukraine. Exception faites des Russes et des Ukrainiens qui venaient en masse essentiellement dans le nord du pays, les touristes sont de retour, c'est indéniable. D'après les données du ministère du Tourisme, le taux de réservation pour les mois de mai, juin, juillet et août dépasse les 70%. C'est valable pour les îles mais aussi pour Athènes. "Cette année, on a démarré avec 150 couverts contre 70 en 2021. Et maintenant, quotidiennement on fait dans les 40 à 70 couverts là où en 2021 on en faisait 20. On ne s'y attendait pas, la saison sera très bonne", explique Manolis qui travaille dans la restauration dans un hôtel restaurant de luxe de la capitale qui a ouvert le 1er avril.

Après deux ans de saison creuse, le pays espère être prêt à faire face à cette saison touristique. Les infrastructures hôtelières sont prêtes mais il manque 50 000 salariés dans l’hôtellerie et la restauration. Les saisonniers étrangers sont rentrés chez eux pour cause de pandémie de Covid-19 et ne sont pas revenus et les Grecs refusent de plus en plus de travailler dans ce secteur dix à quatorze heures par jours, sans jour de repos, et pour 700 euros. La salade grecque risque de tarder à arriver dans les assiettes

En Bolivie, les professionnels du tourisme sont mécontents

Dans ce pays d'Amérique du sud, si les rues sont de nouveaux remplies de touristes notamment locaux, la reprise du tourisme international n’est pas encore gagnée. Cela fait quelques jours que les professionnels du secteur s’indignent contre ce qu’ils considèrent être des obstacles aux visites de l’étranger. Depuis lundi, ils protestent notamment contre un décret qui impose aux touristes de renseigner leur adresse sur un registre à chaque fois qu’ils se déplacent. Une obligation fastidieuse, et qui donne une sensation de flicage. Les professionnels évoquent aussi d’autres obligations qui pourraient décourager les visiteurs : le test PCR toujours obligatoire à l’entrée sur le territoire ou l’exigence de visa pour certains pays, comme Israël et les États-Unis. Des démarches administratives pénibles qui rebutent certains touristes.

La pandémie a fortement impacté le tourisme en Bolivie. Le secteur du tourisme était en difficulté avant l'arrivée du Covid-19. En novembre 2019, il y a eu de graves problèmes politiques qui ont forcé beaucoup de touristes à quitter rapidement le pays. Le temps que les visiteurs reprennent confiance, le monde découvrait le confinement. Un point positif cependant concerne l’activation d’un tourisme local. Les fonctionnaires publics se sont même vus accorder plus de jours de vacances s’ils décidaient de partir en voyage organisé dans le pays. Mais un point noir, subsiste, il s'agit d'un tourisme peu responsable, souvent au rabais. Par exemple en 2021, les agences locales emmenaient des dizaines et des dizaines de visiteurs sans équipement sur un glacier à La Paz. Cela a fini en drame, il y a eu un mort, une chute en snowboard, qui, dans de bonnes conditions, n’aurait pas dû avoir lieu.

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