Covid-19 : la vaccination obligatoire en Grèce et en Indonésie

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Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qu'il se passe ailleurs dans le monde. Direction la Grèce et l’Indonésie pour voir comment se déroule la vaccination obligatoire contre le Covid-19.

Article rédigé par
Angélique Kourounis et Gabrielle Maréchaux - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Des grecs font la queue pour se faire vacciner contre le Covid-19, à Thessalonique, le 26 novembre 2021 (SAKIS MITROLIDIS / AFP)

La vaccination contre le Covid-19 doit-elle devenir obligatoire pour les adultes en France ? Ailleurs dans le monde cette idée fait sont chemin, direction la Grèce et l’Indonésie

La Grèce impose la vaccination obligatoire

Désormais en Grèce, les plus de 60 ans sont obligés de se vacciner contre le Covid-19 et ils ont jusqu’à la mi-janvier, le 16 plus précisément. Sinon, ils écoperont d'une amende de 60 euros mensuels. Une mesure vivement critiquée par l'opposition qui voudrait mettre l’accent sur l’explication et non sur ce qu'elle appelle la répression financière. Afin de les pousser à se faire vacciner, les non-vaccinés ne peuvent se rendre à leur travail qu'avec un test toutes les 48 heures à leur frais. En Grèce le test PCR coûte entre 60 et 80 euros. Toutes les sorties ludiques même avec un test leur sont interdites. Tout parent qui s'oppose à ce que son enfant porte un masque à l'école est poursuivi. Idem pour les groupes musclés qui interviennent contre les centres de vaccination. Enfin, selon certains députés il faudrait procéder, si nécessaire, à un tri dans les unités de réanimation saturées entre patients vaccinés et non-vaccinés. Devant le tollé soulevé on n'en a plus parlé mais l'idée est bel et bien dans l'air.

Le gouvernement a pris des cet été des demi-mesures. Il n'y a aucun contrôle pour les fidèles qui vont à la messe et on communie toujours avec la même cuillère pour tous. La campagne de vaccination bat son plein mais les gestes barrières ont été abandonnés et il n’y a aucun réel contrôle dans les écoles. Enfin, on manque singulièrement de personnel médical et d'unités de soins intensifs. Il n’y a que 1 000 lits en réanimation pour tout le pays. Dernier point, les anti-vaccins sont très forts, notamment dans le nord du pays et jusqu'à récemment ils étaient soutenus par l'Église. Le gouvernement s'est fixé comme but d'en convaincre au moins la moitié, c'est à dire 20% sur la population non-vaccinée restante.

Un vaccin obligatoire en Indonésie mais moins de 40% de vaccinés

En février 2021, l’Indonésie était le premier pays à rendre la vaccination contre le Covid-19 obligatoire pour tous les adultes du pays. Cette mesure était censée permettre d’atteindre le plus tôt possible l’immunité collective. Pourtant, dix mois plus tard, le quatrième pays le plus peuplé du monde n’a pu vacciner complètement que 36% de sa population. Si cette obligation vient du gouvernement central d’Indonésie, les sanctions possibles pour ceux qui refusent la piqûre sont, elles, du ressort des pouvoirs régionaux, rappelle l’épidémiologiste Dicky Budiman : “Les sanctions sont sous l’autorité des districts et des provinces qui peuvent décider de décrets. Cela peut-être par exemple l'impossibilité de renouveler son permis de conduire, ou bien d’avoir une lettre de recommandation de la police nécessaire parfois pour un travail. Les aides sociales peuvent aussi être un moyen de pression, on peut ne plus en recevoir si l’on refuse de se faire vacciner… “

Mais entre la théorie et la pratique, la réalité est bien plus complexe. Ces sanctions demeurent plutôt rares et pour cause : avant de sanctionner les réfractaires, rendre le vaccin accessible demeure toujours très problématique dans un archipel constitué de 17 000 îles.  Aujourd’hui, le nombre de doses de vaccins n’est plus tellement l’enjeu prioritaire de l’Indonésie, qui fait face a de problèmes d’acheminement de ces doses dans les îles reculées ou les zones rurales. Et peine à trouver des liaisons aériennes convenables pour cela, à respecter la chaîne du froid, à trouver des infrastructures capables d’organiser la vaccination. Autre souci majeur, la vaccination nécessite souvent  de montrer des papiers d’identité à jour, avec une adresse actuelle, une exigence qui peut freiner la vaccination.

Difficile à dire si l’approche coercitive a eu un impact sur la façon d’appréhender le vaccin dans la population. Mais une chose est certaine, elle ne fait pas reculer les réticences nombreuses qui subsistent. Celles-ci peuvent être liées à des questions religieuses, pour certains indonésiens le vaccin est considéré comme "haram", ou illicite pour les musulmans. D’autres sont très méfiants parr apport au vaccin chinois Sinovac, celui utilisé majoritairement. Localement enfin, c’est une très vieille méfiance envers les autorités indonésiennes en général qui entrave le processus vaccinal, en Papouasie, cette région qui connaît de très nombreux troubles entre l’armée nationale et les populations autochtones aux velléités parfois indépendantistes. 

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