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Covid 19 : comment les entreprises sont accompagnées pour faire face à la crise

Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qu'il se passe ailleurs dans le monde. Direction l'Italie, l'Allemagne et les Etats-Unis pour savoir si les entreprises sont encore accompagnées pour faire face à la crise.

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Hubertus Heil, le ministre fédéral du Travail et des Affaires sociales, s\'exprime lors de la séance plénière au Bundestag allemand, le 25 juin 2021, à Berlin.
Hubertus Heil, le ministre fédéral du Travail et des Affaires sociales, s'exprime lors de la séance plénière au Bundestag allemand, le 25 juin 2021, à Berlin. (BERND VON JUTRCZENKA / DPA)

L'amélioration de la situation sanitaire et la levée progressive des restrictions imposées à cause de l’épidémie de Covid-19 riment aussi avec la baisse puis l'arrêt des aides accordées aux entreprises. L’Italie, l’Allemagne et les Etats-Unis envisagent chacun à leur manière la sortie de crise dans leur accompagnement en direction des entreprises.

L’interdiction de licencier progressivement levée en Italie

Depuis le début de la crise sanitaire, il était interdit en Italie de procéder à des licenciements. Cette mesure va progressivement prendre fin avec l'amélioration de la situation, et dans certains secteurs d'abord. Jusque-là, les entreprises n'avaient pas le droit de licencier mais bénéficiaient d'un généreux système de chômage spécialement imaginé pour le Covid et pris en charge par l'Etat. Cela va continuer pour nombre d'entreprises, car un compromis a été trouvé au sein du gouvernement et avec les partenaires sociaux. Finalement, certains secteurs et certaines entreprises vont continuer à bénéficier de la prise en charge du chômage en échange d'une interdiction de licencier.

Le gouvernement italien entend donc procéder en douceur. Les syndicats ont obtenu que les entreprises s'engagent à recommander l'utilisation de tous les amortisseurs sociaux possible avant de licencier et ont obtenu trois mois supplémentaires de prise en charge totale du chômage par l'Etat. Les secteurs durement touchés du textile, de la mode et de la chaussure vont même bénéficier du système jusqu'au 31 octobre ainsi que toutes les PME et PMI et même les grandes entreprises en difficultés qui traitent directement avec le ministère du Travail ou les préfectures ou régions. Les syndicats craignaient une hécatombe sociale avec un demi-million de suppressions de postes et avaient manifesté le week-end dernier. Ils se disent désormais satisfaits, comme le gouvernement : le patronat a lui aussi signé l'accord qui permet malgré tout de licencier de nouveau mais progressivement.

Le dispositif d’aides directes maintenu en Allemagne

En Allemagne, les aides de l'Etat devaient cesser au 30 juin. Malgré la reprise, le gouvernement a décidé de prolonger le dispositif d'aides directes, de prêts garantis et de chômage partiel jusqu'au 30 septembre. "La crise économique n'est pas encore finie et les incertitudes demeurent": C'est par ces mots que le ministre du Travail Hubertus Heil a justifié début juin sa décision de prolonger les aides de l'Etat de trois mois supplémentaires. Certains secteurs en effet comme l'évènementiel, l'hôtellerie, la restauration et le tourisme restent plombés. D'autres branches sont toujours freinées par la pandémie ou par les difficultés d'approvisionnement en matières premières depuis quelques semaines. Depuis mi-mai, l'Allemagne a rouvert son économie par étapes. Au premier trimestre le PIB a chuté de 1,8% mais le second trimestre s'annonce meilleur et le gouvernement mise désormais sur une croissance de 3,7% cette année.

L'Allemagne fait partie des pays à avoir le plus massivement soutenu leur économie au sein de l'Union européenne. 137 milliards d'euros ont été investi dans les différents plans de relance et de soutien. Une somme colossale. Rien que la prolongation de trois mois du chômage partiel va coûter 2,6milliards d'euros supplémentaires. Mais on est en années électorale. Le gouvernement n'a pas hésité à déroger à ses règles d'équilibre budgétaire pour soutenir les entreprises en difficulté.

Les aides ont presque toutes disparu aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, la barre des 70% d’adultes primo-vaccinés est en vue et l’économie a rouvert très largement et les aides aux entreprises ont quasiment disparu. Il en reste cependant quelques résidus et des secteurs particuliers bénéficient de tranches d’aide spéciales : l’hôtellerie, les compagnies aériennes, les théâtres ou les cinémas, notamment, qui ne se sont pas encore tout à fait relevés de la crise. Ces aides leur permettent de payer du personnel sous-employé ou pas encore ré-employé, mais ces dispositifs devraient pratiquement s’arrêter à la rentrée prochaine. Le dispositif Payment protection program, autre mécanisme d’aide, s’est, lui aussi, asséché : 800milliards de dollars ont été distribués depuis l’an dernier aux petites entreprises afin de leur permettre de garder leur personnel et de survivre à la crise. Ce programme n’a désormais plus d’argent et il est impossible de s’y inscrire depuis le 31mai.

Les grandes entreprises, elles non plus, ne bénéficient plus des largesses de l’État fédéral. Avant même le dernier plan de relance de Joe Biden, les Etats-Unis avaient déjà voté pour 4000milliards de dollars d’aides liées au Covid-19 sous Donald Trump, dont une partie était allée dans la poche de grandes compagnies sans justification. La Cheesecake Factory, chaîne de restauration, par exemple, avait touché 50 millions de dollars et licencié, pourtant, 40000 personnes. Mais la situation avait été plus ou moins rectifiée grâce à ce PPP qui permettait de diriger les aides vers les entreprises les plus fragiles qui gardaient leur personnel. Il semble qu’en tout cas le retour à l’économie réelle est pour bientôt : le problème des entreprises, actuellement, n’est pas de garder leurs employés mais d’en trouver à embaucher.

Hubertus Heil, le ministre fédéral du Travail et des Affaires sociales, s\'exprime lors de la séance plénière au Bundestag allemand, le 25 juin 2021, à Berlin.
Hubertus Heil, le ministre fédéral du Travail et des Affaires sociales, s'exprime lors de la séance plénière au Bundestag allemand, le 25 juin 2021, à Berlin. (BERND VON JUTRCZENKA / DPA)