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Canada, Palestine, Italie : des fêtes de Noël très limitées par l'épidémie de Covid-19

Dans le Club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se fait ou se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui direction le Canada, la Palestine et l'Italie, où les célébrations de Noël sont bouleversées par l'épidémie de Covid-19.

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Vue de l\'arbre de Noël à Bethléem, dans les Territoires palestiniens, le 5 décembre 2020.
Vue de l'arbre de Noël à Bethléem, dans les Territoires palestiniens, le 5 décembre 2020. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

Les Français se préparent à un Noël inédit, en pleine épidémie de Covid-19. C'est en réalité le cas dans de très nombreux pays, comme en Israël, en Italie et au Canada, où de fortes restrictions sont mises en place.

Au Canada, des fêtes de Noël en tout petit comité

C'est également un Noël confiné qui s’annonce au Canada, particulièrement au Québec, où la courbe des infections est repartie à la hausse. Les autorités de la province viennent de n'autoriser finalement que des festivités en tout petit comité, à savoir les membres d’une famille vivant sous le même toit.

C'est une douche froide pour les Québécois, qui préparaient déjà les dindes et pâtés à la viande de rigueur. Car mi-novembre, le premier ministre du Québec François Legault leur avait proposé un "contrat moral" : d'accord pour deux rassemblements familiaux entre le 24 et 27 décembre, à condition d’observer une période d’isolement volontaire une semaine avant et une semaine après.

Mais le premier ministre québécois avait ajouté une autre condition, que personne n’avait vraiment eu envie d’entendre : il fallait que la courbe des infections soit descendante pour se permettre de telles agapes. Or, l’épidémie de Covid flambe de nouveau au Québec depuis une quinzaine de jours, avec un record mercredi encore de 1 728 nouveaux cas. Un embrasement qui a donc conduit François Legault à résilier son contrat moral imposant un Noël "tranquille" à tous les Québécois cette année.

Mais ce qui vaut au Québec vaut pour tout le Canada. Avec un total de 429 000 cas et près de 13 000 décès dans tout le pays, on assiste ces derniers jours à des records de nouvelles contaminations. En Ontario, en Alberta ou encore au Manitoba, où le premier ministre s’est excusé auprès de ses concitoyens d’être "le gars qui leur volait Noël". "C'est pour vous protéger", leur a-t-il dit. En fait, Le Canada veut à tout prix éviter ce qu’il a connu lors des festivités du Thansksgiving, le 12 octobre dernier, c'est-à-dire une nouvelle flambée de Covid. La seule solution, c'est donc de rester chez soi et entre soi à Noël, de Vancouver à Montréal.

En Palestine, un Noël sans pèlerin dans la ville de Jésus

Bethléem, au sud de Jérusalem, est la ville de Noël par excellence, là où la tradition chrétienne situe la naissance de Jésus. Mais cette année, Noël se fera sans pèlerins dans cette cité de Cisjordanie. Les frontières, contrôlées par Israël, sont fermées depuis le 5 mars. Il n’y a donc plus aucune venue étrangère à Bethléem, comme dans l'ensemble des Territoires palestiniens, depuis cette date.

Évidemment, c’est un coup dur pour une ville dont l’économie s’appuie en grand partie sur le tourisme. Un tourisme de groupe, de pèlerins notamment, très peu compatible avec la situation sanitaire. Depuis, la plupart des magasins de souvenirs et d’artisanats sont fermés. Les hôtels, vides, survivent à peine financièrement. Il n’y a plus de travail, alors que 50% de la population vit du tourisme. Cela a aussi des répercussions sur les vendeurs du marché, les restaurants, les agriculteurs, les commerçants, qui, eux aussi, bénéficient du tourisme. L'ambiance est ainsi très particulière à Bethléem.

La semaine dernière déjà, le maire de Bethléem, Anton Salman, parlait d’une messe de minuit en petit comité, avec seulement quelques officiels, quelques locaux. Elle sera retransmise sur les réseaux sociaux pour le reste de la population, mais tout cela reste encore très incertain. Lundi prochain, le gouvernement palestinien se réunira pour décider d’un fermeture complète ou non pour les fêtes de fin d’année. On saura alors si cette messe peut quand même avoir lieu.

Pour garder l’esprit de Noël, la fameuse place de la Mangeoire de Bethléem a été décorée. Il y une estrade avec une étoile, une crèche au milieu et surtout un immense sapin, qui a été illuminé, comme tous les ans, pour préserver la tradition. Les habitants espèrent tout de même le retour des touristes au cours de l’année.

Au Vatican, des médicaments comme cadeaux de Noël

En Italie comme au Vatican, Noël s'annonce plutôt triste. Dans la cité papale, où Noël est tout de même la fête la plus importante pour les chrétiens avec Pâques, il n'y aura cette année pas de messe de minuit avec les fidèles à Saint-Pierre. Le lendemain, pour le traditionnel message et la bénédiction urbi et orbi, il n'y aura pas non plus grand monde, car les rassemblements sont interdits et les touristes ou fidèles étrangers devront rester en quarantaine s'ils arrivent à Rome après le 21 décembre.

Pour les Romains, il y aura tout de même la crèche et l'arbre de Noël qui seront inaugurés vendredi après-midi, place Saint-Pierre. Quant aux employés du Vatican, ils ont eu droit à un cadeau cette année : pas le traditionnel panettone, mais cinq boîtes de médicaments contre la grippe et le rhume ! Le pape prend soin de ses 4 000 employés... Cela fait tout de même 20 000 boites de médicaments.

En Italie, il n'est pas sûr que les habitants puissent offrir des cadeaux à leurs parents et grands-parents. Il est très fortement recommandé de fêter Noël uniquement en famille nucléaire, parents et enfants, les déplacements entre régions sont d'ailleurs interdits du 21 décembre au 6 janvier. Mais pire, les 24 et 25 décembre, on ne pourra même pas sortir de sa commune (sauf rares dérogations en cours d’examen) et avec un couvre-feu à 22 heures. La messe de minuit sera à 20 heures... ou pas du tout.

Vue de l\'arbre de Noël à Bethléem, dans les Territoires palestiniens, le 5 décembre 2020.
Vue de l'arbre de Noël à Bethléem, dans les Territoires palestiniens, le 5 décembre 2020. (EMMANUEL DUNAND / AFP)