Aération, désinfection et vaccination : les établissements scolaires se préparent à une seconde rentrée marquée par le Covid-19

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Juste avant l'arrivée des enfants, les cris dans la cour, la sonnerie, les bousculades dans les couloirs, c'est l'heure des derniers préparatifs pour limiter la propagation du virus dans les établissements scolaires. 

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Radio France
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Une salle de classe du collège Paul Fort, à Montlhéry, dans l'Essonne.  (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

Dans 48 heures, les élèves de métropole seront sur le chemin de l'école, du collège ou du lycée. La rentrée scolaire est jeudi 2 septembre. Pour les enseignants c'est officiellement mercredi. Dans les établissements, on s'active depuis plusieurs jours déjà, pour assurer l'accueil des élèves. C'est la deuxième rentrée perturbée par le Covid-19. 
 
Au collège Paul Fort, à Montlhéry, dans l'Essonne, une commune assez rurale de 8 000 habitants, on compte 925 élèves. La principale, Caroline Tallec est contente de les retrouver : "Sans envie il n'y a pas de rentrée. C'est reparti pour un tour avec toute l'énergie que l'on connaît dans cet établissement." La principale inspecte les salles pour vérifier l'efficacité de l'aération, l'une des clefs de la lutte contre le Covid-19.

Là ce sont d'anciennes fenêtres, elles n'ont plus de poignées. Elles sont condamnées, on ne peut pas les ouvrir.

Caroline Tallec,

à franceinfo

Malgré cette difficulté, le collège ne compte aucun purificateur d'air. D'ailleurs ces appareils font débat, car tous ne sont pas forcément efficaces et coûtent très cher :  2 000, 3 000 euros par machine. Le ministère de l'Éducation préfère mettre en avant les capteurs de CO2. Un appareil qui indique simplement si l'air est assez renouvelé ou pas. Le système est recommandé par les médecins et on peut en trouver pour quelques centaines d'euros.

Dans ce collège, toutes les fenêtres ne s'ouvrent pas, et l'aération des pièces n'est pas toujours facile.  (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)


Pour les acheter, Jean-Michel Blanquer renvoie la balle aux collectivités, en promettant un coup de pouce financier, si besoin. Dans le collège de Montlhéry par exemple, il va y en avoir trois, fournis par le département de l'Essonne. Trois pour quarante salles. L'un d'eux restera dans la cantine, puisque quand on mange, on enlève le masque.

Avant l'arrivée des 925 élèves, il s'agit déjà de désinfecter et de nettoyer à fond. On gratte le vieux marquage au sol, on refait les sens de circulation pour éviter les brassages. C'est l'heure également de refaire les stocks de produits d'hygiène. Anne Delaville est la gestionnaire du collège, elle fait les comptes : "Les masques, on en donne entre 50 et 100 par jour. On utilise cinq litres de virucide en une journée. On ne regarde pas à la dépense, mais fatalement c'est de l'argent qui ne servira pas à autre chose."

Pour avoir un ordre d'idée, l'an dernier le collège a carrément doublé son budget entretien. Avec plus de 12 000 euros de produits sanitaires en plus. C'est l'équivalent d'une sortie au Mémorial de Caen et sur les plages du Débarquement, pour tous les élèves de 3e.

Les enseignants plus confiants que l'an dernier

Certains sont optimistes et espèrent bien mener à bien leurs projets pédagogiques et voyages scolaires. Mais d'autres sont un peu plus sceptiques, à l'image de Mathilde Adam, qui enseigne l'histoire géo depuis sept ans dans l'établissement. Elle se pose pas mal de questions sur les sorties scolaires : "Par exemple une sortie dans un musée sur Paris, avec la question du pass sanitaire... On aura des élèves vaccinés, mais on aura aussi des élèves non vaccinés. Si le test est payant, est-ce que tout le monde fera le test avant de partir ?"

Faire une sortie pour n'emmener que les deux tiers de la classe ce n'est pas intéressant.

Mathilde Adam

à franceinfo

Mais la plupart des enseignants sont malgré tout plus rassurés que l'année dernière grâce à la vaccination, très large dans le collège assure la principale : "Je n'arrive pas à identifier qui ne serait pas vacciné dans l'établissement." On ne dispose pas de statistique au niveau national, mais selon un sondage commandé par le gouvernement à la mi-août, 89 % des enseignants seraient totalement ou partiellement vaccinés.

Quant aux élèves volontaires pour recevoir une injection, à Montlhéry, ils seront accompagnés sur le temps des cours par les surveillants, en car, dans un centre situé non loin. La conseillère principale d'Éducation, Yasmine Bénard, est prête à organiser tout ça : "Ce qui est très important, c'est que nos élèves retrouvent une certaine sérénité et si ça doit passer par la vaccination, alors passons par la vaccination pour qu'enfin ils puissent être tranquilles. Ils ont besoin de contacts humains. On est aux prémices des premiers amours. Des meilleurs copains, des meilleures copines. Il y a besoin de ce rapprochement."  

Pour pouvoir retrouver cette proximité, il faut vacciner largement. Aujourd'hui, 61 % des 12-17 ans ont reçu au moins une première dose. Le gouvernement veut tendre vers les 100 % de vaccinés, avec en ligne de mire, les vacances de la Toussaint.

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