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Vaccin contre le Covid-19 : Paris s'agace des querelles politiques allemandes

C’est ce qu’on appelle l’effet papillon. Ou quand les élections prévues en Allemagne provoquent des ratés dans la politique sanitaire européenne.

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Olaf Schuolz (à gauche), vice-chancelier et ministre des Finances allemand et Angela Merkel, chancelière, au parlement allemand, le 28 janvier 2021.
Olaf Schuolz (à gauche), vice-chancelier et ministre des Finances allemand et Angela Merkel, chancelière, au parlement allemand, le 28 janvier 2021. (BERND VON JUTRCZENKA / DPA)

Les langues commencent à se délier côté français, au gouvernement et dans les cabinets ministériels. Et l'on découvre que la légendaire rigueur allemande peut trébucher sur des calculs politiciens. Car des élections fédérales sont prévues en septembre, pour élire le successeur d'Angela Merkel, qui passe la main après seize ans de chancellerie. En amont, les partis qui forment sa coalition au pouvoir s’amusent à se mettre des bâtons dans les roues.

“Ça ne nous facilite pas les choses”, reconnaît un officiel français. C’est par exemple le vice-chancelier et ministre des Finances, Olaf Scholz, qui enjoint son collègue de la Santé de dire où sont passés les vaccins. “C’est comme si chez nous, Bruno Le Maire tirait à vue sur Olivier Véran”, traduit, abasourdi, un ministre français.

Le même Olaf Scholz, suceptible de briguer la chancellerie en septembre, et cité par le journal allemand Bild, s’en prend aussi à la présidente de la commission européenne, l'allemande Ursula von der Leyen, jugeant sa stratégie de vaccination “vraiment merdique.” “Cela n’a rien à voir avec la stratégie vaccinale”, s’agace un français. “On assiste à des règlements de compte et à un jeu politicien liés à la succession d’Angela Merkel”, ajoute le même.

Un texto d' Emmanuel Macron à Angela Merkel

À en croire l’exécutif français, ces jeux politiciens ont un impact sur le processus sanitaire européen, et a fortiori sur la stratégie vaccinale française. Car les décisions sont moins fluides et moins rapides. Un exemple récent est souvent cité par des ministres, lorsqu’il y a eu un blocage sur des négociations avec les laboratoires.

Pour aller plus vite, Emmanuel Macron a lui-même envoyé un texto à Angela Merkel, pour convenir d’une stratégie commune. Le président a fait savoir ensuite à ses équipes que le problème était réglé.

Sauf que l'un de ses ministres, en discussion au même moment avec son homologue allemand, se voit répondre : “Angela Merkel n’a pas son mot à dire. C’est avec Olaf Scholz qu’il faut négocier.” De fait, la négociation a pris un peu plus de temps que prévu.

Olaf Schuolz (à gauche), vice-chancelier et ministre des Finances allemand et Angela Merkel, chancelière, au parlement allemand, le 28 janvier 2021.
Olaf Schuolz (à gauche), vice-chancelier et ministre des Finances allemand et Angela Merkel, chancelière, au parlement allemand, le 28 janvier 2021. (BERND VON JUTRCZENKA / DPA)