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Réforme des retraites : Edouard Philippe sommé de tenir ses troupes

Dans la bataille des retraites, l’exécutif exige le soutien de toute la majorité… y compris du groupe Horizons… Edouard Philippe est sommé de tenir ses troupes… Le brief politique de Jean-Rémi Baudot
Article rédigé par Jean-Rémi Baudot
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Edouard Philippe en novmbre 2022. (LOIC VENANCE / AFP)

Cela faisait quelques mois que ça n’était pas arrivé. Cette semaine, le compte Instagram de Matignon a posté des photos d’Edouard Philippe. L’ancien Premier ministre à la table d’Elisabeth Borne, entouré de François Bayrou et Stéphane Séjourné, les autres patrons des partis de la majorité. Des photos détendues.

Sauf que derrière les sourires, il y a une crainte qui monte en Macronie : celle que toute la majorité ne suive pas sur la réforme des retraites… Horizons est particulièrement pointé du doigt, car au sein du groupe parlementaire du parti d’Edouard Philippe, plusieurs députés se montrent opposés au projet de réforme. Au moins six membres n’envisagent pas de le voter. C’est 20% du groupe et ce sont surtout de précieuses voix qui pourraient manquer à une majorité relative et donc fragile. Ce sont des élus qui demandent "une réforme plus juste et plus lisible". "Des francs-tireurs" décrypte un cadre Horizons.

Un soutien qu'Edouard Philippe pourrait monnayer ? 

Cette semaine, en réunion de groupe à l'Assemblée, le patron du groupe Horizons Laurent Marcangeli a rappelé que ceux qui ne voteraient pas la réforme se placeraient de fait dans l’opposition. L’ancien Premier ministre est aussi monté au créneau, mais la difficulté pour Edouard Philippe, c’est que ces députés se revendiquent "libres … mais loyaux". Une expression utilisée justement par le maire du Havre.

Edouard Philippe a-t-il la main sur ses troupes ? Dans la grande majorité oui. Mais il y a un détail qui n’échappe pas aux plus fins observateurs. A l’Assemblée, le groupe Horizons s’appelle "Horizons et apparentés". Et parmi ces "apparentés", il y a des élus qui sont là pour des raisons plus stratégiques que politiques. 

Un exemple : Yannick Favennec, député de Mayenne. C’est son cinquième mandat. Très implanté localement, il est le seul député de la majorité à avoir été réélu au premier tour en juin. Autant dire qu’il n’a pas eu besoin d’Emmanuel Macron ou d’Edouard Philippe sur ses affiches pour mener campagne. Cela le rend plus libre et moins contrôlable. Lui refuse catégoriquement cette réforme et ne compte pas la voter. 

Dans l’entourage d’Edouard Philippe, on considère que la plupart des voix dissonantes vont progressivement rentrer dans le rang. L’ancien Premier ministre, plutôt discret, ces dernières semaines, se sait attendu au tournant par la majorité… et par l’Elysée. Celui qui vante depuis des années la retraite à 67 ans sera jeudi soir à la télévision pour soutenir la réforme et qui sait si un jour, Edouard Philippe n’essaiera pas de monnayer ce soutien pour 2027.

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