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Présidentielle 2022 : Michel Barnier remplit son agenda parisien

Quel casting pour la droite à la présidentielle 2022 ? Un nom revient en boucle : celui de Michel Barnier, ancien ministre de l’Agriculture, ancien commissaire européen, et négociateur en chef de l’Union européenne pour le Brexit.

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Michel Barnier, le 25 décembre 2020, à Bruxelles.
Michel Barnier, le 25 décembre 2020, à Bruxelles. (FRANCOIS WALSCHAERTS / AFP)

Michel Barnier est à Paris en ce moment et son agenda est pour le moins chargé : réunion mardi 16 février dans la matinée avec le groupe Les Républicains à l’Assemblée, suivie d'une audition le soir par la commission des Affaires européennes du Sénat, avant un rendez-vous mercredi à la CFDT, à l'invitation du bureau de la centrale syndicale. Officiellement, le négociateur en chef de l’Union européenne pour le Brexit vient expliquer, à chaque fois, l’accord qu’il a arraché et ses conséquences sur les divers secteurs d'activité. "Mais si on me pose des questions sur d’autres sujets, j’y répondrai", prévient le Savoyard.

"Michel Barnier, c’est l’une des candidatures crédibles, s’enthousiasme déjà un député de droite. Si c’est notre candidat, ça me va très bien." "On sent bien que 2022 le titille et ça l’intéresse", note l’un de ses rivaux à la primaire de la droite, qui le soupçonne de vouloir prendre sa revanche sur Emmanuel Macron, "qui ne l’a pas soutenu pour la présidence de la commission européenne."

Un livre et une association à venir

Le principal intéressé se prépare et n’en fait pas mystère à ceux qu’il rencontre. “Compte tenu de l'état du pays, je vais lui consacrer mon énergie”, dit-il en privé. Son association politique, affiliée aux Républicains, sera créée dans les prochains jours. “J’ai un certain nombre d’idées et de propositions à faire, sur tous les enjeux”. Et de citer, entre autres, “l’autorité de l’État, la décentralisation et la croissance écologique.

Michel Barnier fera la promotion de ses propositions fin avril, lors de la sortie de son livre. Un journal qu’il a tenu pendant quatre ans, dans lequel il tire les leçons du Brexit. Pourquoi cela s’est produit, pourquoi cela peut se reproduire, le populisme et ses dangers... “C’est ça qui le préoccupe”, confient ses proches. 

Quant à ses chances de représenter sa famille politique lors de la présidentielle de 2022, il y a débat au sein même des Républicains. Un cadre parie sur “le tour de piste pour se vendre ensuite” au futur candidat, quand un sarkozyste liste ses qualités "méthodique, sérieux, travailleur"... et son principal handicap : “Il n’est pas très drôle, ce n’est pas Coluche.”

Populaire chez les agriculteurs

"Mais il a l’avantage d’être sur un espace central et européen", objecte un sénateur. "Gaulliste de coeur, centriste dans la pratique", reformule un élu local. C’est-à-dire trop mou pour la frange la plus dure des Républicains, qui s’est opposée à ce qu’il mène la liste aux régionales en Auvergne-Rhône-Alpes, préférant reconduire le sortant Laurent Wauquiez.

À l’Assemblée nationale, aucun problème notable de ligne politique. “Chez les députés il n’y pas de chapelles, explique un ténor. Ils soutiendront celui qui leur permettra d’être réélus”. Autrement dit : les sondages auront valeur de primaire. Et là, pour un ancien ministre, Michel Barnier à deux atouts majeurs qui lui donnent une longueur d'avance sur les autres prétendants : son expérience internationale et surtout sa popularité auprès des syndicats agricoles - qui gardent un bon souvenir de son passage au ministère entre 2007 et 2009. 

Michel Barnier, le 25 décembre 2020, à Bruxelles.
Michel Barnier, le 25 décembre 2020, à Bruxelles. (FRANCOIS WALSCHAERTS / AFP)