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Présidentielle 2022 : Marine Le Pen mise sur son programme économique

La présidente du RN et Gérald Darmanin se sont affrontés jeudi soir sur l’immigration, le voile, sur la loi confortant les principes républicains. Mais il y a un volet de son programme que Marine Le Pen veut muscler : l'économie. Et c’est l’info du brief.

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Marine Le Pen, le 29 janvier 2021.
Marine Le Pen, le 29 janvier 2021. (THOMAS SAMSON / AFP)

Ce n’était pas vraiment son point fort en 2017, Marine Le Pen met donc les bouchées doubles sur les questions économiques. La présidente du Rassemblement national assure travailler sur un programme fiscal depuis des semaines avec baisses d’impôts - c’est assez attendu - mais aussi avec des propositions sur la question de l’héritage. Selon l’état-major du RN, "Emmanuel Macron envisage la fiscalité comme une lutte contre la transmission". Il s’agirait donc de prendre le contre-pied, de favoriser cette transmission, notamment en fonction du nombre d’enfants héritiers. En clair, plus vous avez d’enfants, plus le seuil d’impôts sur les successions se déclenche tard.

>>> Laïcité, immigration, violences policières... Huit séquences à retenir de l'émission "Vous avez la parole" avec Gérald Darmanin et Marine Le Pen.

"Il faut redonner ses lettres de noblesse à la famille", dit Marine Le Pen en privé. Voilà pourquoi elle veut aussi faire des propositions sur le logement. Dans son programme de 2017, le volet logement était très largement lié au chapitre immigration, avec priorité aux Français pour l’octroi de logements sociaux, contrôle des titres de séjour des occupants. Cette fois, il s’agit d’être un peu moins caricatural. Et c’est en fait la dernière pierre de la dédiabolisation du RN.

Elle veut incarner "la droite populaire"

Alors, bien sûr, Marine Le Pen n’abandonne pas son cœur de métier : le triptyque immigration, insécurité, islamisme, mais comme une entreprise, elle se diversifie pour élargir sa cible électorale. L’héritage, c’est une manière de parler à des Français plus âgés, qui votent beaucoup mais pas pour elle. Voilà aussi pourquoi la sortie de l’euro, de l’Union européenne et même plus récemment de Schengen ont été abandonnées.

Les aspérités programmatiques sont gommées, Marine Le Pen se définit maintenant comme incarnant "la droite populaire". Ça fleure bon le Nicolas Sarkzoy version 2007. Opération crédibilisation sur le fond donc, au risque, disent certains élus RN, de perdre en rugosité. "Notre radicalité me confiait l’un d’eux, c’est précisément ce pourquoi les gens viennent voter pour nous".

Marine Le Pen, le 29 janvier 2021.
Marine Le Pen, le 29 janvier 2021. (THOMAS SAMSON / AFP)