Présidentielle 2022 : dans l’attente d’un remaniement, le gouvernement se fait-il trop discret ?

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Dans l’attente d’un remaniement, le gouvernement se fait très discret. Au point que certains dénoncent, en coulisses, une "vacance du pouvoir".

Article rédigé par
Jean-Rémi Baudot - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le Premier ministre Jean Castex quitte le Palais de l'Elysée après le Conseil des ministres, le 4 mai 2022 (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Cela fait quelques jours que le gouvernement a comme disparu : aucune décision,  aucun déplacement, aucune prise de parole d’importance… Depuis la réélection d’Emmanuel Macron, on a un gouvernement fantôme.

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Tout est d'ailleurs suspendu aux décisions du Président réélu : ligne politique, nouvelle équipe. Des décisions qui n’arrivent pas et donc personne ne bouge. Ou plutôt, personne n’ose bouger. 

"Faux plat"

Depuis la bourde de Bruno Le Maire sur franceinfo sur une possible utilisation du 49-3 pour faire passer la réforme des retraites, les ministres ont la consigne de limiter leurs sorties. "C’est quand on ne fait plus attention qu’il y a des problèmes", les a ainsi sermonné Emmanuel Macron lors du dernier Conseil des ministres. Message reçu : le faux-pas est interdit. Et à quelques exceptions près, c’est donc le silence qui prime. "On est en période de transition", reconnaît pudiquement un ministre.

Il y a pourtant des sujets urgents à gérer. Et parmi les plus brûlants, il y a l’Ukraine, l’Europe, la préparation du bac. Aujourd'hui, ils sont gérés par les ministères en charge. Les "affaires courantes" sont donc expédiées et l’Etat tourne toujours. Mais il y a tout ce qui nécessite des décisions politiques, et là, ca coince. Prenez le pouvoir d’achat, l’inflation, l’envolée des prix dans les supermarchés : le candidat Macron avait promis un "chèque alimentation", juste après sa réélection. Un projet repoussé à l’été. "On n’est pas dans la période des arbitrages", reconnaît Matignon. 

Concrètement, des dossiers attendent comme la réforme de l’école ou de la santé : "C’est un faux plat", plaide un conseiller, qui glisse "Tant qu’on ne sait pas si on est maintenu, on ne bouge plus". Une situation un peu déstabilisante aussi pour les administrations centrales qui ne savent plus trop qui sont leurs interlocuteurs…

Les ministres font-ils déjà leur carton ?

Officiellement, non : aucun ne sait ce qu’il va devenir d’ici à la fin de la semaine.  Dans la plupart des ministères, cette période crée surtout du stress. Une fin d’aventure ministérielle, c’est un couperet souvent brutal pour les ministres et leurs équipes. Il n’y a guère que ceux qui ont déjà annoncé leur départ qui en rient.

Sur les réseaux sociaux, le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, que certains considèrent comme un "influenceur", s’est mis en scène au milieu de ses cartons. Mais c’est une exception. Chez les poids-lourds, même ceux qui sont quasiment sûrs de rester, aucun n'avoue préparer ses cartons. 

Alors, il faut interroger un ancien ministre de droite pour savoir comment est vécu une telle attente. Ce baron LR fanfaronne : "J’avais toute la logistique du ministère sans les emmerdes. J’allais au bureau en sifflotant", sourit-il. Pas sûr qu’ils soient nombreux à siffloter actuellement en Macronie.

Il y a pourtant un ministre du gouvernement Castex qui va se montrer aujourd'hui : Jean-Yves Le Drian se rend à Strasbourg pour la Journée de l’Europe, en ce 9 mai. D’un point de vue protocolaire, le ministre des Affaires étrangères est totalement à sa place. Mais son agenda révèle qu’il n’a jamais célébré cette fête depuis 2017. Et sa présence fait grincer des dents… "Il s’est invité alors qu’il ne fait aucun évènement européen. Il essaie juste de se caser partout", persifle un membre du Quai d’Orsay. 

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