Présidentielle 2022 : Christiane Taubira dira "dans quelques semaines" pour qui elle vote

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Christiane Taubira n’est plus candidate à la présidentielle. Mais elle ne tourne pas le dos à la politique et se prépare déjà pour peser sur la suite.

Article rédigé par
Neila Latrous - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Christiane Taubira lors d'un meeting à Rennes (Ille-et-Vilaine) le 27 février 2022 (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)

Ce sont quelques phrases dans son discours de renonciation. Christiane Taubira évoque, de manière évasive, une "dynamique de maison commune pour les législatives" de juin prochain. Et de manière plus immédiate, sur la présidentielle, elle donne rendez-vous "dans les prochaines semaines" pour dire quel sera son vote du premier tour.

Les réactions n’ont évidemment pas tardé dans les autres équipes de campagne, les uns et les autres rivalisant de mots gentils pour l’ancienne ministre de la Justice, à qui Yannick Jadot a de nouveau tendu la main : elle est "la bienvenue" dans la campagne écologiste. En privé, Jadot est convaincu que Taubira peut le rejoindre, et son équipe vante une hypothèse somme toute logique puisqu'il est arrivé deuxième à la primaire populaire de janvier, derrière Christiane Taubira.

Pour les Verts, il y aurait comme une cohérence à ce que les deux s’allient mais sont évoquées des résistances autour de la candidate, de la part d’ex-socialistes dont le cœur penche plutôt pour Jean-Luc Mélenchon.

Dans l’équipe de Christiane Taubira, c’est une lecture qui agace profondément. "Les Verts font de l’intox", nous dit-on, "Christiane n’est pas mieux avec Jadot qu’avec les autres à gauche." "D’ailleurs, glisse une proche, il ne s’est pas mieux comporté avec elle que l’ont fait Hidalgo ou Mélenchon."

Rester fidèle à la promesse de rassemblement

Stratégiquement, l’alliance avec l’écologiste ne s’impose pas. Parce que certains chez Taubira doutent même de la capacité de Yannick Jadot à faire une bonne campagne. "Il est mauvais de bout en bout", analyse une conseillère, qui envisage même un scénario où il finirait à moins de 5% au premier tour. Ce qui veut dire qu'à ce stade, Christiane Taubira ne s'interdit rien, même si "pas un ne donne très envie de se mobiliser derrière lui", confie l’entourage de l'ancienne garde des Sceaux. En cause notamment, la violence des attaques entre candidats de gauche. "Ils tiennent des propos bien plus durs les uns sur les autres, que sur Zemmour ou Le Pen", accuse un proche.

Or, Christiane Taubira veut rester fidèle à la promesse de rassemblement portée par la primaire populaire. Et désormais à la promesse de dépassement des partis existants, "qui n’ont plus que leur capacité de nuisance", dit-elle. Le propos visait particulièrement le PS, donc on comprend qu’Anne Hidalgo ne sera pas son choix naturel.

Il y a une certitude : ce que dira Christiane Taubira n’engagera que sa personne, pas les membres de la primaire populaire, pas davantage l’équipe qui l’accompagne depuis. Et ce sera l’expression d’un vote. Pas d’un soutien, pas d’un ralliement : "Elle n’a pas vocation, nous dit-on, à rejoindre une campagne." 

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