Présidentielle 2022 : à gauche, la bataille de l'héritage

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Un consensus se dégage chez les candidats de gauche à la présidentielle : une réforme de la succession pour faciliter la transmission des patrimoines modestes d’un côté, en taxant bien plus l’héritage des plus riches.

Article rédigé par
Neïla Latrous - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un office notarial (illustration). (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

La plus spectaculaire des mesures en matière de réforme de l'héritage de la part d'un candidat de gauche à la présidentielle 2022 a été présentée ce week-end par Jean-Luc Mélenchon : pas de succession possible au-dessus de 12 millions d’euros. Au-delà, tout va à l’Etat. Mais bien plus que cette mesure choc, ce qui frappe, c'est la centralité de la question de la transmission à gauche.

En ce mois de janvier, tous les candidats ont déjà abattu leurs cartes en la matière. Avec Anne Hidalgo qui veut "baisser la fiscalité des successions pour 95% des Français", ou le communiste Fabien Roussel qui annonce "zéro taxation" en dessous de 118 000 euros.

A ce type de mesures de défiscalisation, Jean-Luc Mélenchon ajoute la création d’une "adoption sociale", un nouveau statut pour permettre que dans les familles recomposées par exemple, tous les enfants héritent de la même façon, lien biologique ou non. Quant à l'écologiste Yannick Jadot, il veut fixer un plafond de 100 000 euros d’héritage et donations défiscalisées sur toute une vie.

Aucun candidat n'entre dans les détails

Et si le sentiment qui prédomine est celui d'une union sur le sujet, c'est quand on entre dans le détail qu'apparaissent les divergences.

La mesure de Yannick Jadot par exemple concerne les 100 000 euros de leg ou de donation "sur toute une vie". Si une même personne touche plusieurs dons, elle ne pourra plus défiscaliser tous les quinze ans comme c'est permis aujourd'hui. Idem pour les héritages. C’est la somme globale qui comptera. Chez le candidat écologiste, on se targue aussi de travailler sur les niches fiscales "qui permettent aux plus riches d'organiser leur succession pour échapper aux impôts", comme l'assurance-vie par exemple, "totalement exonérée" pointe la conseillère du candidat.

Quid des autres candidats ? C’est beaucoup moins clair, et à dessein. L’un des conseillers programme confie que souvent, le flou est volontairement entretenu pour deux raisons. D’abord le sujet de l’héritage est "hyper sensible et hyper inflammable" dans l’opinion. "Donc on mélange les plafonds, les parts, les donations, l’héritage, tout au long de la vie, ou tous les dix ans", explique ce conseiller. Ensuite, comme aucun des candidats n’a accès aux supers calculateurs du ministère de l’Economie, aucun ne peut mesurer les conséquences d’une réforme très précise. Donc, mieux vaut soigneusement éviter les détails.

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