Nouvelle-Calédonie : l'exécutif s'interroge sur le report du référendum du 12 décembre

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Le troisième et dernier référendum d’autodétermination calédonien doit avoir lieu le 12 décembre, mais la situation sanitaire amène Paris à se poser la question d’un report.

Article rédigé par
Neïla Latrous - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Une femme vote pendant le deuxième referendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie en octobre 2020. (THEO ROUBY / AFP)

Un haut responsable gouvernemental l’admet en privé: "C’est une très forte préoccupation de savoir si le référendum calédonien peut se tenir le 12 décembre." Avec plus de 130 morts en un mois, la flambée épidémique de Covid-19 a d’ores et déjà interrompu la troisième campagne référendaire sur l'indépendance, avec un confinement strict instauré depuis le 7 septembre.

Tant et si bien que les indépendantistes comptent officiellement demander un report au ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, qui arrive mardi 5 octobre sur l’archipel. Techniquement, le référendum peut être reporté. "C’est le même sujet que les régionales en France", répond l'exécutif. Le scrutin régional avait été décalé de quelques mois à cause du Covid-19. Paris espère pour autant "sauver" la date du 12 décembre. "On s’est donné beaucoup de mal pour arriver à cet accord tacite, rappelle une source gouvernementale. Ça a demandé des heures et des heures de boulot" pour aboutir sur ce calendrier.

Un report serait risqué

Envisager un report, c’est l'assurance de rouvrir la boîte de Pandore. Les indépendantistes commencent déjà à évoquer septembre 2022, après la présidentielle. "Ce qu’ils réclamaient déjà au printemps dernier", grince un loyaliste, favorable au maintien de la date initiale. Et pour cause : "Cette crise sanitaire, dit-il, démontre que sans la France, sans les vaccins fournis par Paris, sans la réserve sanitaire déployée à Nouméa, la situation serait catastrophique." Ce loyaliste parie sur une situation stabilisée début novembre, qui permettra d’organiser un vote sécurisé. "Derrière, prédit un connaisseur du dossier, ce sera compliqué de continuer à faire campagne pour l’indépendance ou même l’autonomie."

"Il faut qu’on se donne comme délai une décision prise ce mois-ci, dit-on en haut lieu. Elle doit être incontestable sur le plan sanitaire." La situation sera plus claire fin octobre, les choses seront plus claires au retour de Sébastien Lecornu à Paris. D'ici là, il y aura un rendez-vous à surveiller : le 11 octobre, date théorique de la fin du confinement. Sera-t-il levé ? Aménagé ? Les autorités calédoniennes instaureront-elles un pass sanitaire ? "Si les contraintes sont levées, ce sera bon signe", espère Paris.

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