Législatives 2022 : les conséquences financières et politiques du recul d'En Marche !

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Du résultat de ces législatives dépend le financement des partis politiques pour les cinq ans à venir. En la matière, il y a un grand perdant : La République En Marche.

Article rédigé par
Neila Latrous - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Dans les locaux de la coalition de la majorité présidentielle Ensemble, lors du second tour des élections législatives, le 22 juin 2022 à Paris (CHRISTOPHE PETIT TESSON / EPA)

Dans le précédent quinquennat, les alliés d'Emmanuel Macron avait encaissé un chèque colossal : plus de 100 millions d’euros pour En Marche !, auxquels il faut additionner les quelque 22 millions touchés par le MoDem. Le résultat de la razzia lors des législatives de 2017,  les deux partis avaient conquis 350 sièges.

Cela s'est nettement moins bien passé dimanche 19 juin : 245 élus pour cette coalition. Et moins d’élus, c’est forcément moins d’argent. Car le financement est calculé selon deux critères : le nombre de voix obtenues au total, chaque voix donnant lieu à 1,64 euro reversé par l’Etat. Deuxième critère : le nombre d’élus dans chaque parti. Chaque député rapporte à sa formation 37 000 euros. C’est ce qui fait que le Modem par exemple sauve les meubles. Parce que le parti de François Bayrou perd des voix au global, à cause de l’abstention, mais gagne des députés.

>> Elections législatives : un enjeu financier majeur pour les partis politiques

Conséquences en cascade pour En Marche ! et ses alliés

Le parti d’Emmanuel Macron perd sur les deux tableaux : en nombre de voix, et en nombre de députés. Des estimations évoquent 40% de baisse de la dotation publique. Et il lui faut en plus partager ce gâteau plus petit avec plus de convives. En 2017, En Marche ! était un parti, un seul, avec un chef, une structure, une trésorerie. C’est aujourd’hui un archipel. Trois formations se sont créées en parallèle, dont Horizons, fondé par Edouard Philippe. Il y a des accords de financement entre eux. Et donc En Marche ! va devoir reverser une partie de son aide publique, qui a déjà fondu, avec ces partis alliés.

En Marche ! a beau avoir mis de l’argent de côté – "Il y a de la réserve", confie une source en interne –  le parti va devoir se serrer la ceinture. "Ce ne sera pas le même niveau de vie que les cinq dernières années", craint un cadre. Une certitude : à ce stade, il n’est pas encore question de plan social. Il faut dire que sur les 103 salariés du parti, un certain nombre a rejoint des cabinets ministériels à la fin de la présidentielle. D’autres sont partis dans le privé. "Ça dégraisse tout seul", s’amuse un permanent.

Il y a aussi une conséquence politique à la contre-performance d'En Marche ! Le mouvement était est censé absorber deux partis alliés, Agir et Territoires de Progrès, dans une nouvelle maison qui s’appellera Renaissance. Les alliés risquent de discuter un peu plus les termes du contrat. "Quand tu as fait moins d’élus que prévu, prévient l’un d'eux, tu es obligé de composer un peu plus". La contre-performance d’En Marche ! aux législatives a bien des conséquences en cascade.

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