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Le brief politique. Notre-Dame-des-Landes, premier renoncement d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron avait promis de faire l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, fort de la consultation des habitants. Mais depuis avril 2017, le vent a tourné, amenant le président de la République à son premier renoncement.

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Edouard Philippe et Nicolas Hulot, après le conseil des ministres, le 17 janvier 2017, au palais de l\'Elysée, à Paris.
Edouard Philippe et Nicolas Hulot, après le conseil des ministres, le 17 janvier 2017, au palais de l'Elysée, à Paris. (CHARLES PLATIAU / POOL)

C’est le 1er renoncement d’Emmanuel Macron : il n’y aura pas d’aéroport à Notre Dame des Landes. Les habitants avaient bien été consultés, et l’avaient même approuvé. En vain : depuis avril 2017, entre temps, le vent a tourné.   Une fois élu, Emmanuel Macron a tergiversé, pour confier ensuite le dossier à des médiateurs.

"Ce que les autres n'ont pas fait"

Et la décision tomba : Notre-Dame-des-Landes n’aura pas son aéroport. Comme l’avait prévu le Premier ministre, il y a d’un côté ceux qui se réjouissent, les zadistes évidemment,  les écologistes, certains socialistes. Mais aussi les Insoumis, le FN… Et, de l’autre, les mécontents : parmi eux, des élus de Loire-Atlantique, tous bords confondus, les Républicains et une partie de la majorité. Cette dernière apprécie malgré tout qu’Emmanuel Macron ait enfin tranché. Un ami du président décrypte ainsi la séquence : "Jusque-là, nous étions sur ‘on fait ce qu’on a dit’. Maintenant, on passe à ‘on fait ce que les autres n’ont pas fait’."

Reste une deuxième difficile étape : l’évacuation de la ZAD. Ce sera sans doute le test plus difficile pour le gouvernement : après avoir cédé sur le fond aux zadistes qui ne voulaient pas de cet aéroport, il doit démontrer aux Français que l’autorité de l’Etat n’est pas bafouée, qu’il sera ferme. Le Premier ministre réclame l’évacuation immédiate des routes sur la zone et laisse deux mois aux zadistes pour évacuer les terrains occupés illégalement. Le problème pour le Premier ministre est que ces derniers sont bien décidés à rester. Aussi, pour les convaincre, Edouard Philippe a sorti son joker, Nicolas Hulot, lequel assurera dans le Parisien le 18 janvier que "l’Etat ne tolérera aucune exaction ni aucune forme de pression". "Tous ceux qui occupent illégalement la zone n’ont plus aucune raison de le faire, poursuit le ministre de la Transition écologique. Il est donc normal qu’ils quittent les lieux." 

"Manque de courage"

L’opposition, elle, fait pression pour que le gouvernement évacue rapidement la ZAD : la droite et l’extrême droite sont au diapason sur l’évacuation. À droite, même revendication : il faut immédiatement faire évacuer la ZAD. Le chef de file des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau, estimera même que le gouvernement manque de courage. Sur BFMTV jeudi 18 janvier et d’après un sondage réalisé pour la chaîne, trois quart des Français souhaitent l’évacuation de la ZAD. Emmanuel Macron sait que les Français l’attendent eux aussi sur le courage et la fermeté, le gouvernement a repoussé la confrontation au 30 mars, date limite donnée aux zadistes pour évacuer la zone.

Edouard Philippe et Nicolas Hulot, après le conseil des ministres, le 17 janvier 2017, au palais de l\'Elysée, à Paris.
Edouard Philippe et Nicolas Hulot, après le conseil des ministres, le 17 janvier 2017, au palais de l'Elysée, à Paris. (CHARLES PLATIAU / POOL)