Grand Sud : le départ de Renaud Muselier des Républicains aiguise les appétits

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La République en Marche et le Rassemblement national misent sur l’effritement des voix de la droite dans la région.

Article rédigé par
Neïla Latrous - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
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Christian Estrosi et Edouard Philippe (à droite) à Nice (Alpes-Maritimes) le 14 juillet 2018. Ils tiennent un meeting commun mercredi 1er décembre 2021 (VALERY HACHE / AFP)

Depuis mercredi, depuis que le président de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur a annoncé son départ des Républicains, ça s’agite en coulisses. Avec en ligne de mire les législatives de juin 2022. 

Gros enjeu que cette région sud : 42 sièges à distribuer, dont 15 détenus aujourd’hui par la droite. C’est ceux-là qu’espèrent décrocher La République en Marche et le Rassemblement national, en misant sur l’effritement des voix de la droite. "Et sur le fait que Renaud Muselier aura envie, jusqu’à la fin, de régler ses comptes avec son ancienne famille politique", glisse un député marcheur du sud. Aussi, les manoeuvres ont déjà commencé.

Ce n'est pas un hasard si Edouard Philippe et Christian Estrosi, deux ex-LR aujourd’hui soutiens d’Emmanuel Macron, tiennent un meeting commun ce mercredi à Nice, pile le premier jour du congrès des Républicains. Pour un conseiller de droite, "ça va être la guerre partout dans cette région entre LR et Horizons", le nouveau parti d’Edouard Philippe.

"Des affrontements violents entre eux, ça peut nous être assez profitable"

Un élu du Rassemblement national

à franceinfo

Ce même élu du RN prédit que "les barons du sud-est passent tous avec Macron." "Une partie ira chez Philippe, mais une autre chez Marine Le Pen", veut croire Thierry Mariani, le chef de file du RN dans le coin, qui a écrit aux élus régionaux de droite pour leur proposer le rassemblement. Proposition déclinée par les principaux intéressés.

L'impact de la présidentielle

Observateurs de ces manoeuvres, les Républicains se rassurent de leur côté en faisant valoir que les législatives dépendent en réalité de la présidentielle qui a lieu avant. "Si on gagne la présidentielle, explique un baron local, c’est 500 députés d’un coup au national". Et donc raz-de-marée dans la région Sud aussi. C'est l'hypothèse la plus favorable. Si en revanche la droite est battue au second tour, les législatives ressembleront à une réédition de la présidentielle, selon le même : des duels LR / RN si le candidat de droite affronte Marine Le Pen, des duels LR / En Marche si c’est un second tour face à Emmanuel Macron.

Troisième hypothèse : la droite est éliminée dès le premier tour, comme en 2017. "Hypothèse pas improbable non plus, ironise un élu Les Républicains du sud-est. Auquel cas nous n'existerons plus du tout."

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