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Élections régionales : ce que cache l'hypothèse Jean-Michel Blanquer en Île-de-France

L'actuel ministre de l'Éducation est enfin prêt à défier Valérie Pécresse aux régionales de juin 2021. Derrière ce revirement de situation, il s'agit en fait d'un calcul stratégique d’Emmanuel Macron.

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Le ministre de l\'Éducation, Jean-Michel Blanquer, à l\'Assemblée nationale le 1er décembre 2020.
Le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, à l'Assemblée nationale le 1er décembre 2020. (ALAIN JOCARD / AFP)

Un ministre le dit on ne peut plus clairement : "Je ne pense pas que nous ayons moyen de gagner une seule région, mais j’adorerais être surpris." Dans ce cas, pourquoi envoyer aux élections régionales un poids lourd du gouvernement comme Jean-Michel Blanquer à l’assaut de l'Île-de-France ?

Après avoir un temps refusé d’être candidat, le ministre de l'Éducation nationale a été nommé référent de La République en marche pour la région Île-de-France.

Autour du chef de l'État, on en est convaincu : la sortante Valérie Pécresse ne gagnera pas seule. Un conseiller en veut pour preuve qu’en 2015, elle avait remporté la région sur le fil, avec seulement 60 000 voix d’avance dans une région de sept millions de votants.

Cap sur 2022

"On peut l’amener à négocier avec nous dès le premier tour", veut croire un proche d’Emmanuel Macron, qui juge que la tâche sera encore plus aisée si la gauche arrive à s'unir. "C’est elle qui demandera alors à rencontrer Jean-Michel Blanquer, et on topera", prédit un conseiller. Le marché qui sera proposé à Valérie Pécresse ? Pas de liste En Marche face à elle si, et seulement si, elle s'engage à soutenir Emmanuel Macron à la présidentielle de 2022.

Ce même deal sera proposé à d’autres présidents sortants aussi. Car pour citer un cadre d’En Marche : "Il n’y a aucune raison que nous fassions élire des gens qui feront campagne un an après contre nous."

"Jean-Michel Buzyn"

"Même pas peur", répond pour l'instant l'entourage de Valérie Pécresse, pas vraiment impressionné pour l’instant par une entrée en campagne de Jean-Michel Blanquer. En privé, des élus de droite l’ont même renommé "Jean-Michel Buzyn", en référence à Agnès Buzyn, l’ancienne ministre de la Santé partie à l’assaut de la mairie de Paris et qui avait fait un score décevant.

Valérie Pécresse elle-même en est convaincue : le ministre de l’Éducation va s’abîmer dans la campagne. "Jean-Michel Blanquer sous-estime le niveau de détestation que les profs ont pour lui", confie-t-elle en privé.

"Il n’y aura ni fusion, ni accord de second tour, prévient la présidente de la région Ile-de-France. J'ai 50 ans, j'ai passé l’âge." Même certitude du côté des Républicains, où on juge qu'En Marche n'a pas les moyens de mettre la pression aux candidats sortants.

"Pour que la stratégie d'En Marche fonctionne, il faudrait déjà qu'En Marche pèse quelque chose dans les urnes", balaie en privé Christian Jacob, président du parti. Qui se réfère à la contre-performance de la majorité aux dernières élections municipales, il y a six mois.

Le ministre de l\'Éducation, Jean-Michel Blanquer, à l\'Assemblée nationale le 1er décembre 2020.
Le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, à l'Assemblée nationale le 1er décembre 2020. (ALAIN JOCARD / AFP)