Assemblée Nationale : Yaël Braun-Pivet tente d'imposer son style mais ça ne plaît pas à tout le monde

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En cette semaine de rentrée parlementaire, la Présidente de l’Assemblée Nationale, Yaël Braun-Pivet tente d’imposer son style. Une attitude qui ne plaît pas à tout le monde au sein de la majorité.

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Radio France
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La Première ministre Elisabeth Borne lors de son discours de politique générale, le 6 juillet 2022, à l'Assemblée nationale.  (BERTRAND GUAY / AFP)

Ce lundi à 16h, l’Assemblée Nationale a repris ses débats dans l’hémicycle. La Première Ministre Elisabeth Borne devait être la première à s’exprimer sur l’Ukraine mais c’était sans compter sur Yaël Braun-Pivet qui, après son réglementaire message d’ouverture de session, a parlé plusieurs longues minutes de l’Ukraine où elle vient de passer cinq jours. Une déclaration "rarissime", confirme la Présidence mais assumée par les équipes de Yaël Braun-Pivet.

Voilà une petite anecdote pour illustrer le fait que cette dernière n’a pas prévu de rester silencieuse : Yaël Braun-Pivet veut incarner une place très politique, médiatique et visible là où son prédécesseur, Richard Ferrand, avait aussi un rôle très politique mais au fond plus discret, car sur la ligne. Richard Ferrand était surtout un très proche d’Emmanuel Macron, ce qui n’est pas le cas de Braun-Pivet. Elle et Macron ne sont pas amis. Elle n’était d’ailleurs pas la candidate de l’Elysée pour le perchoir. Elle ne s’entend pas particulièrement avec Alexis Kohler, le bras droit d’Emmanuel Macron et si elle est au "Bureau Exécutif" de Renaissance, c’est avant tout qu’elle est "membre de droit" par sa fonction…

Pourtant, cette distance avec l'Elysée ne l'affaiblit pas. Ca lui permet même de cultiver sa liberté de parole, avec parfois des prises de positions personnelles sur la fin de vie ou sur la méthode pour réformer les retraites. 

Des ambitions pour 2027 ? 

"Elle est droite dans ses bottes", explique l’une de ses proches. Yaël Braun-Pivet veut aussi que l’Assemblée assume son rôle de contrôle de l’action gouvernementale, prérogative qui était moins présente dans la mandature précédente. Elle pousse par exemple les présidents de Commissions à multiplier les auditions de ministres, ce qui, évidemment, rajoute du travail à l’exécutif. 

Face à cette liberté, certains s’interrogent sur sa loyauté : "Elle va parfois un peu trop loin, elle ne doit pas oublier qu’elle appartient à la majorité", glisse un cadre Renaissance. Mais plus que ses déclarations, ce sont les ambitions de Yaël Braun-Pivet qui interrogent en coulisses. Voilà ce qu'en dit un proche d'Emmanuel Macron. Son voyage en Ukraine ? "Une étrange volonté de développer sa stature internationale..."  Sa volonté de s’afficher proche de la base ? "Un point commun avec Ségolène Royal", souffle un cadre la macronie, pour qui, vous l’aurez compris, ce n’est pas un compliment en macronie. On lui prête aussi des ambitions pour 2027.

A la tête de l’Assemblée Nationale, Yaël Braun-Pivet intrigue donc autant qu’elle bouscule.

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