Streaming vidéo : pour rebondir Disney+ s’inspire de Netflix

Face à une offre pléthorique, Disney connaît des difficultés dans le streaming vidéo. Le marché sature et le géant américain perd des millions d’abonnés.
Article rédigé par franceinfo - Vincent Touraine
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le logo Disney+. (PATRICK T. FALLON / AFP)

Au deuxième trimestre sa plateforme Disney+ a perdu 10 millions d’abonnés dans le monde, son troisième trimestre consécutif de déclin. Le groupe a beau invoquer la contreperformance de sa filiale indienne qui a perdu les droits du championnat national de cricket, la réalité est là, son parc d’abonnés stagne aux États-Unis et est à la peine à l’international. Alors qu’il comptait 164 millions de fidèles à son pic il y a un an, Disney+ n’en fédère plus que 146 millions aujourd’hui, ce qui le classe troisième mondial derrière Netflix, le leader incontesté du streaming avec ses 238 millions d’abonnés, et Amazon Prime qui en compte environ 200 millions. Plus préoccupant, quatre ans après son lancement, Disney+ est toujours déficitaire, le service perdait encore plus de 500 millions de dollars au dernier trimestre.

Revoir la politique tarifaire 

Pour redresser la barre dans le streaming, Disney+ va s’inspirer des méthodes de Netflix, qui lui ont plutôt bien réussi ces derniers mois. Disney+ va tout d’abord complètement revoir sa politique tarifaire, aux États-Unis dans un premier temps, puis dès le 1er novembre dans neuf pays européens dont la France.


Sur le marché français par exemple, qui comptait jusqu’ici une offre unique à 8,99 euros par mois, Disney+ va passer à trois formules : une standard au même prix que l’ancienne, une premium pour 3 euros de plus, et une offre low cost avec publicité – c'est la véritable nouveauté – facturée 5,99 euros par mois, comme celle de Netflix lancée en octobre dernier, avec succès jusqu’ici.
L’autre initiative inspirée du leader du marché, c’est la fin des partages d'identifiants de comptes qui permettent à des millions de personnes de profiter gratuitement de ses contenus, comme les films Pixar, Marvel ou les séries Star Wars. Depuis que Netflix a interdit la pratique en mai dernier, il regagne des abonnés, six millions d’utilisateurs sont ainsi passés au payant au deuxième trimestre.

Devenir rentable

Plutôt que d’essayer de gagner de nouveaux clients, Disney+ va surtout tenter d’augmenter ses revenus par abonné pour devenir rentable dès l'an prochain, d’où les hausses de prix qui se profilent. Tout sera d’ailleurs fait pour que les abonnés existants basculent automatiquement sur l’offre premium plus chère, sauf s’ils font eux même la démarche pour rester à l’ancien tarif. Le pari est risqué, à l'heure où le groupe est confronté à de nombreux défis, comme le déclin de ses activités traditionnelles et les conséquences de la grève des acteurs et des scénaristes qui s'éternise, mais Disney se dit confiant dans sa capacité à retenir ses clients. Ces hausses de prix ne sont pas les premières de l’histoire de la plateforme, et les précédentes n’ont pas entraîné de pertes massives d’abonnés.

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