Sommet de l'élevage : production en baisse et importations en hausse... la situation paradoxale de la filière bovine française

Le sommet de l’élevage de Clermont-Ferrand débute mardi en Auvergne alors que la filière est inquiète. La production française bovine diminue de manière significative pour répondre notamment à la pression des milieux écologistes, mais la consommation elle ne baisse pas.
Article rédigé par France Info, Emmanuel Cugny
Radio France
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Temps de lecture : 4 min
Vaches laitières. Le sommet mondial de l'élevage a lieu les 3, 4, 5, 6 octobre 2023. (Photo du sommet de l'élevage 2022). (R?MI DUGNE / MAXPPP)

Des éleveurs aux entreprises d’abattage en passant par les intermédiaires, tous en appellent à l'État à l'occasion du sommet de l’élevage qui s’ouvre mardi 3 octobre, près de Clermont-Ferrand, en Auvergne. Le cheptel français ne cesse de baisser. Dans nos prairies, les vaches à viande et laitières sont aujourd'hui 850 000 de moins qu’en 2016. Avec un faible renouvellement des élevages et malgré la mutation des modes de consommation, on n'observe pas de baisse de la demande en volume global. Il en ressort une hausse des importations.

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Puissance du débat public

Ce repli de la production s'explique par une forte pression des milieux écologistes. L’appel aux changements par de nombreuses associations s'est imposé dans le débat public et a pesé progressivement sur la filière. Les inquiétudes des éleveurs de bovins ont été ravivées au printemps dernier par un rapport de la Cour des comptes. La puissante institution publique recommandait alors une stratégie de réduction du nombre de vaches élevées en France pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

La production de méthane par les ruminants lors de leur digestion alourdit considérablement le bilan carbone de l’agriculture française car c'est un gaz à effet de serre très puissant. Ce qui n’était pas un sujet il y a plusieurs décennies est devenu une préoccupation majeure dans la société.

Ne plus importer de viande, simplement en manger moins

Les pouvoirs publics comptent pourtant s’appuyer sur la planification écologique. Celle-ci recommande aux consommateurs un régime alimentaire moins émetteur de CO2 en introduisant dans nos assiettes plus de végétaux (légumes et légumineuses), moins de viande mais de meilleure qualité et produite en France. En résumé : des produits locaux et de saison.

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Cette stratégie publique ne prévoit pas en tant que telle d’accélérer la réduction du nombre de têtes de bétail, mais elle compte sur la poursuite de la baisse du cheptel avec l’arrêt d’activité d'éleveurs. Le but est donc objectivement d'avoir moins d’éleveurs, moins de viande à consommer, et de devenir une France écologiquement plus vertueuse. Avec des importations en hausse dans le secteur, les intéressés de la filière comptent soulever ces contradictions au salon de Clermont-Ferrand.

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