Renationalisation d’EDF à 12 euros l’action, le juste prix ?

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L’État lance officiellement le processus de renationalisation d’EDF. Le dossier a été déposé mardi 4 octobre devant l’Autorité des marchés financiers avec un prix de vente de l’action fixé à 12 euros. Que faut-il penser ?

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Le logo EDF sur son immeuble à Paris. (ALAIN JOCARD / AFP)

Le juste prix, vraiment ? 12 euros par action pour retirer EDF de la Bourse, visiblement l’offre est conforme aux attentes des analystes. La première réponse est celle des marchés et les investisseurs ne semblent pas surpris. Depuis juillet par exemple, l’action EDF s’échange à Paris légèrement en-dessous à 11,80 euros voire 11,90. Rappelons que, pour l’État qui détient déjà 84% du capital d’EDF, il s’agit de racheter aux actionnaires privés les 16% du capital restant. Opération chiffrée à 9,7 milliards d’euros.

Petits actionnaires mécontents

Certains protestent face au montant de l’opération. C’est le cas notamment des petits actionnaires représentés par Colette Neuville, qui préside l’Association des actionnaires minoritaires (Adam). Idem pour les salariés et anciens salariés. Ils font valoir que ce prix est largement en dessous de celui d’introduction d’EDF en bourse en 2005. Quelque cinq millions de particuliers (dont plus de 100 000 salariés de l’électricien) avaient alors acheté l’action 32 euros. L’Adam demande a minima une opération blanche avec une revente des titres au prix d’introduction, moins les dividendes perçus depuis 17 ans, soit 16 euros au lieu des 12 proposés par l’Etat aujourd’hui.

Calendrier de l’opération

EDF a nommé un expert indépendant de l’entreprise. Il a 20 jours minimum pour se prononcer, après quoi l’Autorité des marchés financiers devra approuver l’opération. Sauf recours, la décision de l’AMF est attendue au début du mois prochain pour une ouverture de l’offre le 10 novembre et une clôture prévue le 8 décembre.

Cette renationalisation d’EDF a une portée plus que symbolique pour l’Etat actionnaire qui envisage de construire six réacteurs nucléaires EPR de nouvelle génération avec une option pour huit autres. Dans le contexte actuel de crise énergétique, l’opération vise à envoyer un signal et permettre au groupe de tenir malgré une dette qui atteindra 60 milliards d’euros à la fin de l’année.

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