Prix du lait : les producteurs laitiers rejettent l’offre tarifaire du géant mondial Lactalis

C’est un échec qui ne va pas détendre l’atmosphère en pleine crise agricole : les producteurs de lait rejettent la proposition tarifaire du géant mondial des produits laitiers Lactalis. Le groupe annonce la mise en place d'une médiation.
Article rédigé par Emmanuel Cugny
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des producteurs de lait en colère bloquent l'usine Lactalis à Domfront, le 24 janvier 2024. (JOEL LE GALL / OUEST-FRANCE / MAXPPP)

Les producteurs de lait on jugé insuffisants les 15 euros d’augmentation du prix d’achat à la tonne, proposés par Lactalis pour janvier et février. Un prix atteignant 420 euros les 1 000 litres (42 centimes le litre), c'est insuffisant, estime l’Unell, l’organisation représentant plus de 4 000 exploitations laitières.

Ces exploitations livrent deux milliards de litres de lait chaque année au groupe Lactalis, pour les bouteilles Lactel, le camembert Président, le roquefort Société, qui comptent parmi ses principales marques. L’Unell campe sur ses positions : ils veulent une augmentation de 5% (42,5 centimes le litre) au lieu des 3,7% offerts par l’industriel, qui ne proposait initialement que 1%.

Sanctuariser le revenu des éleveurs

On se souvient qu’avant la mobilisation des agriculteurs, les producteurs de lait avaient manifesté devant plusieurs usines Lactalis, notamment dans l’ouest de la France, pour dénoncer le prix de 405 euros la tonne de lait, soit 40 centimes le litre. Insuffisant à leurs yeux pour couvrir les coûts de production et gagner décemment leur vie, contrairement à ce que la loi EGalim est censée régler.

Les éleveurs-producteurs mettent en avant l’augmentation des coûts de production (inflation des prix de l’énergie, prix de la nourriture pour le bétail, échéances bancaires à rembourser)… Pour dégager un revenu décent tout en honorant les charges, l’interprofession laitière affiche des tarifs différents selon la géographie. La production en plaine est moins chère que la production en montagne, encore plus cher en bio. Le choix est le suivant : soit on sanctuarise le revenu du producteur, soit on sanctuarise le prix final payé par le consommateur, en ces temps de débats sur le pouvoir d’achat…

À défaut de pouvoir satisfaire tout le monde, le Premier ministre Gabriel Attal promet un renforcement de la loi EGalim, avec des contrôles massifs, sur les industriels et les distributeurs, et des sanctions à la clef pour ceux qui ne respecteront pas la loi.

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