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Pouvoir d'achat : pourquoi les banques durcissent les conditions de crédit

Les ménages qui souhaitent emprunter de l’argent le constatent : il est plus difficile d’obtenir un crédit auprès de son banquier. Ce n’est pas qu’une impression, la Banque centrale européenne le confirme.
Article rédigé par Emmanuel Cugny
Radio France
Publié
Temps de lecture : 4 min
La Banque centrale européenne à Francfort (Allemagne). (DANIEL ROLAND / AFP)

La Banque centrale européenne (BCE) qui gère la politique monétaire de la zone euro le reconnaît. Au premier trimestre, les banques commerciales ont durci leurs critères d’octroi de prêts à un niveau jamais vu depuis 2011. C’est le cas pour les prêts au logement consentis aux ménages et dans une moindre mesure les crédits à la consommation. Les conditions se sont renforcées et la demande de crédit a baissé en parallèle. Ce qui fait qu’il y a moins d’emprunts accordés de manière générale. Selon la BCE, la croissance des prêts aux particuliers entre janvier et mars est passée à 2,9% contre plus de 3% à la même époque de l’année dernière. La croissance des prêts accordés aux entreprises est passée pour sa part de près de 6% à 5,2%.

La première explication est la hausse des taux d’intérêt. Pour prêter de l’argent à leurs clients – ménages et entreprises –, les banques commerciales empruntent auprès de la Banque centrale européenne. Or, la BCE, comme son équivalent aux États-Unis (la réserve fédérale, la FED), relève ses taux d’intérêt depuis plusieurs mois pour lutter contre l’inflation galopante. Mais ce relèvement des taux d’intérêt à un effet collatéral direct : il augmente le coût des crédits qui deviennent automatiquement plus chers. Dans le même temps, les banques sont plus prudentes et y regardent à deux fois avant de prêter l’argent dans le contexte économique difficile rempli d’incertitudes. Hors de question de prêter à un ménage trop gourmand ou à un autre dont la situation financière a pu ou pourrait se fragiliser dans le contexte actuel. Idem pour les entreprises dont les projets d’investissements ne sont pas optimums. Les dossiers sont plus que jamais passés au peigne fin.

Retour à la normale en 2025

À quand le retour à la normale ? C’est tout le débat sur la poursuite ou non de la hausse des taux d’intérêt. Tant que l’inflation ne sera pas revenue aux alentours des plus ou moins 2% qui est la cible normale fixée par les banquiers centraux, les taux continueront de servir de variable d’ajustement. Or, nous sommes aujourd’hui un peu partout dans le monde aux alentours de 5% à 6% d’inflation, voire plus. Si l’action des banques centrales est efficace, certains analystes prévoient un retour à la normale pour 2025, difficilement avant. Autant dire que le retour de la saison des emprunts faciles n'est pas pour tout de suite.

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