Pourquoi le Royaume-Uni va désormais taxer les bénéfices des géants pétroliers

écouter (3min)

Londres entend lutter contre la hausse des prix générée par l’envolée des coûts de l’énergie, avec l’objectif d’aider les foyers les plus modestes.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Une station service BP à Londres (Grande-Bretagne). (AFP)

Le Royaume-Uni est le premier à déclencher ce dispositif : taxer les super-profits engrangés par les multinationales du pétrole dont les bénéfices sont proportionnels à l’envolée des cours du brut sur le marché mondial. C’est un revirement de la part du gouvernement britannique qui traînait les pieds depuis des mois. Maintenant, il faut y aller : le ministre britannique des Finances est contraint d’avaler son chapeau car il lui faut trouver l’argent nécessaire pour financer un plan de 15 milliards de livres sterling (environ 17,5 milliards d'euros) pour les ménages les plus défavorisés.

43 milliards d’euros

Outre-Manche, l’inflation est au plus haut depuis 40 ans avec un taux de 9% en avril. Un Britannique sur cinq dit ne plus réussir à boucler ses fins de mois. Une partie des ménages les plus vulnérables recevra au moins 1 200 livres (1 400 euros) cette année. Pour d’autres, il y aura une hausse du revenu minimal de 470 euros et un doublement de la réduction sur les factures énergétiques. Coût total des aides publiques, avec celles déjà annoncées : 43 milliards d’euros.

Cette ponction financière qui va être appliquée aux géants pétroliers ne suffira pas à financer entièrement ce programme mais contribuera largement. La taxe en question frappera les bénéfices des pétroliers et des gaziers – britanniques comme BP et ceux qui commercent via le Royaume-Uni – à hauteur de 25%. Une taxe temporaire qui permettra de récupérer dans un premier temps un peu plus de six milliards d’eurs. Pour certaines ONG, c’est bien peu. Greenpeace, par exemple, réclame un impôt de 70% sur les profits des groupes énergétiques.

Pas d’autres candidats en Europe

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, peu d’autres pays vont suivre le Royaume-Uni. La France a récemment fermé la porte à cette idée. De nombreux États estiment que cela serait contreproductif en obérant les capacités d'investissements des groupes concernés dans la transition énergétique.

Londres précise d'ailleurs que sa taxation exceptionnelle des géants gaziers et pétroliers pourra être largement réduite si ces derniers investissent dans de nouvelles sources d’énergie.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.