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Orpea repris en main par la Caisse des dépôts, qu'est-ce que ça change ?

Au cœur du scandale mis au jour par le livre "Les Fossoyeurs" de Victor Castanet, aux éditions Fayard, le groupe privé gestionnaire de maisons de retraites vient de trouver un accord avec ses actionnaires  créanciers. C'est officiel, le bras financier de l’État en prend le contrôle.

Article rédigé par Emmanuel Cugny
Radio France
Publié
Temps de lecture : 4 min
Le logo d'Orpea. (LOIC VENANCE / AFP)

La Caisse des dépôts et consignations c'est le bras financier de l'État, un chevalier blanc en quelque sorte pour sauver le gestionnaire d'Ehpad. Outre les accusations de manquements dans la prise en charge de ses résidents, Orpea est aujourd’hui endetté entre neuf et dix milliards d’euros, notamment à cause d'investissements hasardeux réalisés par l'ancienne direction dans l'immobilier et à l'étranger. Il lui fallait trouver une solution rapidement pour passer l’hiver et payer les salaires du deuxième trimestre. C’est chose faite.

>> Ehpad : Orpea passe sous le contrôle de la Caisse des Dépôts, bras financier de l'Etat

La Caisse des dépôts, accompagnée d'un groupe d'investisseurs comprenant notamment CNP Assurances et la Maif, va injecter 1,35 milliard d'euros dans le groupe et en prendre le contrôle avec 50,2% du capital. De leur côté, les créanciers (fonds de pension pour la plupart) s'engagent à tirer un trait sur quelque 3,8 milliards d'euros de dettes, tout en restant autour de la table. La Caisse des dépôts fait ainsi son entrée dans le groupe privé. Une grande première.

Pas de nationalisation

Caisse des dépôts, organisme public... Sa prise de contrôle d'Orpea signifie-t-elle une nationalisation du groupe d'Ehpad ? Non. Le milliard 350 millions d'euros d'argent frais n'est pas apporté uniquement par la Caisse des dépôts et consignations, mais par l'ensemble des partenaires liés à l'opération, dont Maif et MASCF, premier assureur des professionnels de santé. Tout ne sera pas donc de l'argent de l'État à proprement parler. En revanche, c'est la Caisse des dépôts qui sera cheffe de file de l'opération en pilotant les 50,2% du capital.

D’évidence, une page se tourne pour Orpea. Le nouveau directeur général, Laurent Guillot, devrait avoir les coudées plus franches pour remettre l’entreprise sur les rails et mettre en œuvre son Plan de Refondation. Laurent Guillot qui déclarait la semaine dernière sur franceinfo que c’était désormais "tolérance zéro sur les pratiques illégales et financières d’optimisation" du groupe.

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