Les banques européennes sont toujours bien présentes dans les paradis fiscaux

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C’est ce que révèle une étude publiée par l’Observatoire européen de la fiscalité, un centre de recherche indépendant hébergé par l’École d’économie de Paris.

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Radio France
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HSBC est la plus grosse banque implantée à Hong Kong avec 30 000 employés.  (MAXPPP)

L’Observatoire européen de la fiscalité, financé par la Commission européenne et dirigé par l’économiste français Gabriel Zucman, a passé au peigne fin les données publiées par une quarantaine de banques entre 2014 et 2020. Ces banques enregistrent tous les ans pas moins de 20 milliards d’euros de bénéfices dans les territoires dont la fiscalité est particulièrement avantageuse. Cette part représente environ 15% de leurs résultats nets annuel.

L'observatoire a identifié 17 États et territoires comme destinations privilégiées : les Bahamas, les îles Caïmans, Hong Kong, Malte et le Luxembourg notamment. Il s’avère que les bénéfices des banques comptabilisés dans ces paradis fiscaux sont anormalement élevés : le rapport est de 238 000 euros par employé, contre 65 000 euros dans les pays dits "classiques".

La championne toutes catégories est la banque britannique HSBC. Plus de 60% de ses bénéfices avant impôts ont été comptabilisés ces deux dernières années dans les pays identifiés comme paradis fiscaux. HSBC est la plus grosse banque implantée à Hong Kong avec 30 000 employés. Arrive ensuite l’Italienne Monte Dei Paschi, la plus vieille banque du monde toujours en activité, puis l’Allemande Deutsche Bank.

Les banques européennes se défendent

HSBC invoque son héritage historique à Hong Kong, ancienne colonie britannique. La Deutsche Bank souligne que sur les soixante pays dans lesquels elle est implantée, aucun n’est présent sur la liste européenne des États pointés du doigt. Quant aux Françaises Société Générale, Crédit Agricole et BNP Paribas, l’Observatoire européen de la fiscalité souligne qu’elles ont réduit leurs activités dans les pays en question depuis 2014.

Les auteurs de l'étude font une proposition : il serait possible de récupérer une partie de l'argentavec une taxe. Un taux minimum de 15% sur les banques permettrait de générer trois à cinq milliards d'euros de recettes supplémentaires pour les pays européens.

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