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Le brief éco. Zone euro : la BCE préfère prévenir que guérir

Mario Draghi, le président de la BCE, n'est pas très optimiste sur la croissance économique. La Banque centrale européenne renforce son soutien à l’économie de la zone euro. 

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La Banque centrale européenne à Frankfort (Allemagne).
La Banque centrale européenne à Frankfort (Allemagne). (DANIEL ROLAND / AFP)

La Banque centrale européenne renforce son soutien à l’économie de la zone euro. Le président de la BCE, Mario Draghi, rouvre sa boîte à outils tout en peignant un tableau assez sombre de la croissance économique.

La zone euro n’est pas la seule à se plaindre. Jeudi 7 mars, nous parlions du déficit commercial américain qui se creuse, Donald Trump étant pris à son propre piège de la guerre commerciale qu’il livre notamment à la Chine et qui frappe, par ricochet, les autres grandes économies de la planète. En début de semaine, la cheffe économiste de l'OCDE, Laurence Boone, avait lancé l’alerte, la Banque centrale européenne lui emboîte le pas en révisant à la baisses ses prévisions de croissances : 1,1% de hausse cette année contre 1,7% prévu initialement. 0,6 point de moins, ce n'est pas négligeable.  

Pas de contexte de récession

La zone euro n’est pas menacée de récession, mais comme elle est très dépendante du commerce international, elle subit depuis plusieurs mois des risques de plus en plus importants, des tensions protectionnistes aux inquiétudes géopolitiques en passant par le Brexit et les turbulences dans certains pays émergents. D’où l’intervention de la Banque centrale européenne qui préfère allumer un nouveau contre-feu.  

Prévenir plutôt que guérir 

D’abord, la BCE ne va pas toucher à ses taux d’intérêt, au moins jusqu’à la fin de cette année. C'est une bonne nouvelle pour les entreprises et tous les acteurs économiques : les taux vont rester bas pour ne pas alourdir la facture de ceux qui ont des crédits à rembourser, des dettes à éponger ou ceux qui veulent investir. Ensuite, la BCE va aller plus loin en prêtant aux banques de nouvelles masses d’argent importantes. Des crédits géants à long terme. Ces sommes – dont le montant reste à préciser – vont être prêtées par la Banque centrale européenne aux banques commerciales de la zone euro à des taux d’intérêt zéro, voire négatifs (jusqu’à -0,4%). Cet argent emprunté à très bon compte, les banques commerciales vont le réinjecter dans ce que l’on appelle "l’économie réelle", c’est-à-dire qu’elles vont le reprêter aux agents économiques sous forme de crédit (pour investir, construire, soutenir l'emploi, etc.). C’est une machinerie assez lourde mais nécessaire dans le contexte économique international actuel. Deux précédentes opérations du même type avaient été menées en 2016 et 2017 pour maintenir à flot l'économie de la zone euro.  

La Banque centrale européenne à Frankfort (Allemagne).
La Banque centrale européenne à Frankfort (Allemagne). (DANIEL ROLAND / AFP)