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Le brief éco. Quel avenir pour les célèbres charentaises ?

Le sort des 108 salariés de la dernière usine de fabrication de charentaises françaises scellé vendredi. Un seul repreneur est intéressé.

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Une étape de fabrication d\'une charantaise. Photo d\'illustration.
Une étape de fabrication d'une charantaise. Photo d'illustration. (GEORGES GOBET / AFP)

Quel avenir pour les charentaises, les célèbres pantoufles, dont la dernière usine de fabrication en France a été placée en redressement judiciaire l’été dernier ? Le tribunal de commerce d’Angoulême se prononce vendredi 15 novembre, un seul repreneur est sur les rangs. 

Ce valeureux chevalier s’appelle Pascal Becker, un ancien cadre supérieur d'un groupe suisse spécialisé notamment dans les parfums. Seul en lice pour racheter La Manufacture Charentaise située à Rivières, au nord-est, d'Angoulême et qui emploie 108 salariés. Il n’en garderait que 38. Lors d’une première audience, le tribunal avait émis des doutes sur les garanties financières de son offre de reprise et lui avait accordé un peu de répit pour boucler le financement de l’opération. Le verdict est attendu cet après-midi aux alentours de 16 heures.

Un lent déclin

La Manufacture Charentaise remonte à la fin du XIXe siècle comment s’explique son déclin ? L’entreprise telle qu’elle existe aujourd’hui est le fruit du regroupement de quatre fabricants des célèbres chaussons charentais. Elle est présidée par Renaud Dutreil, ancien ministre du gouvernement Raffarin et qui, après avoir été lobbyiste pour le groupe de luxe LVMH aux États-Unis à la fin des années 2000, est revenu en Europe pour diriger le fond d’investissement d’une banque suisse. La Manufacture Charentaise a-t-elle été victime de mauvais choix de commercialisation, en abandonnant par exemple trop rapidement ses ventes traditionnelles en grandes surface pour se tourner vers le haut de gamme ? Problème de gouvernance ou de vision stratégique ? Le fait est que l’entreprise voit son chiffre d’affaires dégringoler.

Protection d’un label

L’an dernier, la Charentaise de Charente-Périgord a obtenu la protection d’une Indication géographique, délivrée par l’Institut national de la protection industrielle (INPI). Ce label couvre la fabrication du chausson traditionnel qui utilise la technique bien particulière du cousu-retourné. 500 000 paires de charentaises traditionnelles sont fabriquées chaque année en Charente-Périgord pour un chiffre d’affaires de cinq millions d’euros. On croise les doigts pour les salariés de l’entreprise, dont le sort dépend de la décision des juges du tribunal de commerce d’Angoulême vendredi après-midi.

Une étape de fabrication d\'une charantaise. Photo d\'illustration.
Une étape de fabrication d'une charantaise. Photo d'illustration. (GEORGES GOBET / AFP)