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Le brief éco. Quand Jean-Marc Ayrault fait les yeux doux à la Chine

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Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a achevé lundi 1er novembre une visite de quatre jours en Chine. Il y a rencontré les plus hautes autorités pour ce que l’on peut appeler une opération séduction.

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Radio France
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Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères en Chine en compagnie de son homologue chinois Wang Yi, le 31 Octobre 2016. (FRED DUFOUR / AFP)

Sa visite a été peu médiatisée mais, entre Pékin et Shangaï, Jean-Marc Ayrault a rencontré notamment le président chinois Xi Jinping, et une brochette de chefs d’entreprises.

Un déplacement utile alors que la Chine poursuit son offensive tous azimuts en occident et particulièrement en Europe, ce qui commence à agacer sérieusement l’Allemagne.

Accusations allemandes

L'Allemagne accuse la Chine de pratiques commerciales injustes et agressives. La semaine dernière, Berlin a bloqué deux projets de rachat d’entreprises allemandes par des investisseurs chinois, dont une filiale du leader des ampoules électriques, Osram, une pépite outre-Rhin.

Un chiffre pour bien comprendre la guerre de tranchées : entre 2014 et 2015, les investissements chinois en Europe ont fait un bond de 40% à 20 milliards d’euros, soit le double des investissements européens en Chine.

Quelle est la réaction de la France

Jean-Marc Ayrault dénonce lui aussi certaines entraves aux opérations étrangères en Chine, mais il adopte une position plus souple en encourageant les investissements chinois en France. Il appelle même à les développer davantage.

Les chinois ont déjà de belles positions en France : certains vignobles, les participations dans les aéroports comme celui de Toulouse-Blagnac, la marque de couture Sonia Rykiel passée sous le contrôle d’un fonds d’investissement chinois il y a quatre ans, le Club Med dans le giron du groupe Fosun, sans parler de la Compagnie des Alpes, leader des domaines skiables, et propriétaire du Futuroscope ou du parc Astérix.

La France veut donc poursuivre dans cette voie ?

Paris veut surtout développer des investissements communs. La Chine regarde vers l’Afrique ? Eh bien allons-y ensemble. D’où l’annonce lundi 1er novembre de la création prochaine d’un fonds destiné à des investissements communs à l’étranger. L’objectif est de remporter des contrats sur des marchés tiers dans tous les secteurs, à l’image de la centrale nucléaire d’Hinkley-Point en Grande-Bretagne (alliance d’EDF et du chinois CGN). En projet notamment : la construction de barrages et de travaux d’infrastructures en Afrique ou en Asie. Une combinaison des compétences : la Chine facilitant les financements et la France apportant sa technologie. Pendant les quatre jours de sa visite dans l’Empire du Milieu, Jean-Marc Ayrault a marché dans les pas de son prédécesseur au Quai d’Orsay, Laurent Fabius, qui avait développé le concept de diplomatie économique.

Une visite critiquée par certains, sauf par le président du Medef, Pierre Gattaz, qui a déclaré de manière très polémique avoir « quitté un pays communiste, la France, pour venir dans un pays libéral, la Chine ». L'ogre chinois dont il va falloir savoir maîtriser le gros appétit capitaliste.

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