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Le brief éco. Plan de relance : priorité aux jeunes

Entre 600 000 et 700 000 jeunes vont arriver en septembre et octobre sur le marché de l'emploi.

Un jeune homme à Pôle emploi à Villeneuve-d\'Ascq (Nord). Photo d\'illustration.
Un jeune homme à Pôle emploi à Villeneuve-d'Ascq (Nord). Photo d'illustration. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le président de la République Emmanuel Macron doit annoncer mardi 14 juillet les grandes lignes de son plan de relance de l’économie, dont la lutte contre le chômage. Ce week-end, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a assuré que les jeunes étaient "la priorité des priorités". À la parole, il va maintenant falloir joindre les actes.

Les jeunes de moins de 25 ans ont payé le plus lourd tribut de la crise avec un pic de chômage en avril : près de 30% de plus par rapport à fin février. On sait d’ores et déjà qu’en plus des salariés d’autres générations laissés sur le carreau, 600 à 700 000 jeunes vont arriver en septembre et en octobre sur un marché du travail totalement déprimé. C'est socialement inacceptable quand on sait que le premier emploi et la manière dont un jeune entre dans le marché du travail conditionnent l’intégralité de sa carrière. 

Plusieurs pistes de réflexion sont ouvertes : pour les diplômés, prolonger le statut d’étudiant pendant un an pour leur permettre de continuer à toucher certaines aides comme le RSA tout en cherchant un emploi. Pour les jeunes peu qualifiés, multiplier les formations de requalification vers les secteurs qui créeront des postes. Les secteurs qui recruteront ne seront pas ceux qui ont licencié. Il y aura donc un grand besoin de reconversions et cela aura un lourd impact sur nos systèmes de formation.

Circule aussi l’idée du versement d’une prime à l’embauche 

Il faut demander aux entreprises du secteur privé de mouiller la chemise, de s’engager à recruter au minimum un jeune en fin d’étude, avec prise en charge de ce recrutement total ou partiel par l’État pour une durée d’un an. Un gros point a déjà été acté en faveur de l’apprentissage dont on sait qu’il débouche sur des emplois réels : depuis le 1er juillet et jusqu’au 28 février, l’État verse 5 000 euros à toute entreprise qui recrute un apprenti mineur et 8 000 euros pour un majeur.

Si le gouvernement désigne les jeunes comme prioritaires, il ne peut pas laisser les autres catégories sur le bord de la route. Toutes catégories confondues, pendant le confinement, le nombre de demandeurs d’emploi a flambé de plus d’un million. Un remède de cheval s’impose. Les économistes qui conseillent le gouvernement penchent clairement pour une réforme de fond de la fiscalité des entreprises pour alléger les charges sur le travail. Une des voies – on va en reparler dans les prochaines semaines – c’est la baisse des "impôts de production" (qui s’ajoutent à l’impôt sur les sociétés).

D’évidence, tous ces éléments justifient le report et une vraie refonte de la réforme du régime d’assurance chômage telle qu’Emmanuel Macron l’envisageait jusqu’à présent. La crise en a fait exploser les grandes lignes directrices. L’appliquer à la lettre dans le contexte actuel jetterait encore plus de monde sur le bord de la route.

Un jeune homme à Pôle emploi à Villeneuve-d\'Ascq (Nord). Photo d\'illustration.
Un jeune homme à Pôle emploi à Villeneuve-d'Ascq (Nord). Photo d'illustration. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)