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Le brief éco. Non, l’industrie française n’est pas morte

General Electric à Belfort, Whirlpool à Amiens, Ascoval près de Valenciennes… des centaines d'emplois détruits et l’État montré du doigt. L’industrie française va-t-elle vraiment si mal aujourd’hui ?

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Un réacteur SaM 146 produit par Safran Aircraft Engines, industrie française, présenté à un salon aéronautique à Moscou (Russie).
Un réacteur SaM 146 produit par Safran Aircraft Engines, industrie française, présenté à un salon aéronautique à Moscou (Russie). (ILIYA PITALEV / SPUTNIK)

Des industries françaises perdent des emplois comme General Electric, Whirlpool ou Ascoval. Mais cette industrie de ne va pas si mal dans l'ensemble.

Chaque jour en France, environ 10 000 emplois sont détruits et 10 000 sont créés. Cela veut dire qu’entre 15 et 20% des emplois sont détruits et recréés chaque année dans les entreprises privées françaises. Bien sûr, cela n’excuse pas les erreurs, pour ne pas dire les errements, de certains patrons ou de la puissance publique en matière de stratégie industrielle. Mais ce chiffre est important pour comprendre les rouages de notre système de production.

Réelle tendance de fond

Quelques chiffres : créations nettes d'emplois dans l'industrie l'année dernière : 9 500 (source Dares, service statistique du ministère du Travail). Cela paraît peu, mais c’est du jamais vu depuis 2000. 40% des embauches dans l'industrie aujourd'hui se font en CDI, une proportion jamais vu par le passé (source Acoss, l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale). En ce qui concerne l’activité à proprement parler, on sait que le gros problème de la France, c’est qu’elle n’exporte pas assez. Mais là encore, on constate que le solde déficitaire de notre balance commerciale ne s'est pas dégradé en 2018, et que la part des exportations françaises de marchandises (composées a 75% de produits industriels) dans les exports de la zone euro s'est aussi stabilisée (Douanes et institut de conjoncture Rexecode). Il ne s’agit pas d’être d’un optimisme béat, mais il ne faut pas voir non plus, systématiquement, le verre à moitié vide quand on peut le voir à moitié plein.

Des raisons d’espérer

L’industrie française n’est pas morte, à condition de la redynamiser. Comment ? Deux pistes d’actions parmi d'autres : faire prendre à notre industrie le virage du numérique. Les jeunes pousses sont au top en la matière pas, ou trop peu, l’industrie lourde. C’est la fameuse "troisième révolution industrielle". Ce que l’économiste Christian Saint-Etienne a conceptualisé dans un livre intitulé  La France 3.0. Deuxième piste : territorialiser la politique industrielle. Le président de France Industrie, Philippe Varin, propose par exemple de laisser aux régions la liberté de lier l’impôt de production aux résultats des entreprises. Cette dynamique est possible, encore faut-il que nos capitaines d'industrie et l’Etat soient sur la même longueur d’onde. Nous sommes trop loin du compte, ce qui explique en partie la désindustrialisation en France depuis une trentaine d'années. Si l’industrie est une des causes de la crise, elle peut être aussi, certainement, une partie de la solution.

Un réacteur SaM 146 produit par Safran Aircraft Engines, industrie française, présenté à un salon aéronautique à Moscou (Russie).
Un réacteur SaM 146 produit par Safran Aircraft Engines, industrie française, présenté à un salon aéronautique à Moscou (Russie). (ILIYA PITALEV / SPUTNIK)