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Le brief éco. Le CNES lance les start-ups dans la bataille de l’espace

Le Centre National d’Etudes Spatiales décide de donner un coup d’accélérateur dans la conquête de l’espace, vivement concurrencé par les Etats-Unis. Il lance un fonds d’investissement pour aider les start-ups du secteur à émerger rapidement.

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L\'entrée du CNES, à Toulouse, le 10 mars 2017.
L'entrée du CNES, à Toulouse, le 10 mars 2017. (REMY GABALDA / AFP)

Les États-Unis ont leurs milliardaires audacieux, dont Elon Musk et son programme de fusées récupérables. Il y a aussi des différences en terme de moyens : le budget de la Nasa a augmenté de près de 2,5 milliards d'euros en l’espace de deux ans pour approcher 18 milliards, là où l’Europe prévoit d’augmenter son budget spatial à 16 milliards d’euros sur sept ans. Sans compter les budgets publics militaires américains qui servent à piloter des projets civils.

Concurrence déloyale

Les deux tiers du carnet de commandes d’Elon Musk sont institutionnels, assurés par les finances publiques américaines à des prix supérieurs au marché. Du coup, l’opérateur milliardaire peut aller casser les prix sur le marché concurrentiel privé. L'idée du CNES est de créer un fonds de capital-innovation, un fonds d’amorçage pour les jeunes-pousses capables de développer les programmes spatiaux de demain : l’analyse de données, les services à la carte pour l’agriculture, la télémédecine, etc. Le fonds d’investissement sera doté de 80 à 100 millions d’euros. L’écosystème existe, il faut lui permettre de se développer.

Le patron du CNES, Jean-Yves Le Gall, est convaincu du fait qu’une partie de l’avenir du spatial sera construite par les start-ups, en complément des grands opérateurs historiques. De son côté, Stephane Israël, le patron d’Arianespace qui commercialise les lanceurs européens développés par ArianeGroup, milite pour un allègement des structures et des contraintes qui, au final, coûtent très cher.

Les domaines sur lesquels l’Europe doit s’imposer

Le vrai sujet aujourd’hui est celui de la mise en orbite des satellites capables d'assurer notre souveraineté en matière de renseignement et de géolocalisation, pour les voitures autonomes, notamment. La bataille se joue entre le GPS américain et un système que les européens sont en train de déployer (26 satellites au total), bien plus précis que le GPS : le système Galiléo qui équipe déjà un certain nombre de smartphones.

L’efficacité de nos programmes dépendra surtout de l’agilité de l’Europe pour l’instant très dispersée avec une myriade de structures autour de l’Agence Spatiale Européenne chargée de mettre en œuvre les décisions politiques d’une Europe elle-même très morcelée. Face à ce cela, l’américain Elon Musk se sent pousser des ailes, ou plutôt des rétrofusées, pour continuer à gagner des parts de marché sur le commerce mondial des lanceurs, jusqu’à venir marcher sur les plate-bandes européennes.

L\'entrée du CNES, à Toulouse, le 10 mars 2017.
L'entrée du CNES, à Toulouse, le 10 mars 2017. (REMY GABALDA / AFP)