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Le brief éco. La reprise est là, mais les salaires ne la voient pas

Les salariés d’Air France et de l’industrie en général en France, en Allemagne et ailleurs, réclament des augmentations de salaires. Les négociations annuelles obligatoires ont commencé et les directions des entreprises sont sous pression.

Article rédigé par Emmanuel Cugny
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
La reprise économique ? Quelle reprise ?(illustration). (IP3 PRESS / MAXPPP)

La reprise est là, mais les employés disent ne pas en voir suffisamment la couleur. La croissance repart, les créations d’emplois dans le secteur privé ont connu un pic l’année dernière avec près de 270 000 postes créés et le taux de chômage a atteint fin 2017 son plus bas niveau depuis 2009  à 8,9% de la population active.

Traditionnellement, les économistes considèrent que la baisse du chômage entraîne une hausse des salaires. L’équation ne semble pas se vérifier cette fois-ci : selon le cabinet Deloitte, en 2017, les augmentations de salaires ont été de 2,5% pour les cadres et de 2,1% pour les non-cadres. Pour 2018, les pronostics vont de 1,8 à 2%, pas plus.

Investir et embaucher plutôt qu’augmenter

Ces dernières années, les salaires ont augmenté si on les compare à l’inflation qui est restée faible. Il y a donc eu une certaine redistribution, mais dans le contexte de reprise qui doit se confirmer, les entreprises restent prudentes. Il faut voir aussi derrière ces hausses contenues de salaires, une amélioration du fonctionnement du marché du travail.

Plutôt que d’augmenter franchement les rémunérations, les entreprises préfèrent investir et embaucher, d’où l’amélioration sensible du marché de l’emploi. On voit les CDI prendre le devant, +15% au quatrième trimestre 2017. Et puis, grâce à la baisse des cotisations sociales patronales amorcée par le gouvernement, il y a en parallèle un développement des CDD, du temps partiel, de l’intérim qui participe à cette baisse du chômage. Paradoxalement, les petits boulots précaires sont généralement mieux rémunérés, les personnes concernées préfèrent s’accrocher à ces petits boulots plutôt que de demander des hausses de salaires. Tout cela pèse dans la balance.

Les négociations aboutissent dans d’autres pays en Europe, en Allemagne notamment

La métallurgie a récemment obtenu des hausses de salaires de 4%, mais l’état de l’économie allemande est autrement plus solide que de ce côté-ci du Rhin. L'économiste Jean-Paul Betbeze résume la situation : la modération salariale permet de faire repartir la croissance par l’emploi. Le tout est de savoir combien de temps cela va durer avant les augmentations. Un autre et vrai sujet va monter : faut-il négocier ces augmentations de salaires entreprise par entreprise, branche par branche, voire personne par personne ?

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