Le brief éco. La reprise de l’économie mondiale va-t-elle être freinée par la Chine ?

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La question est clairement posée face aux incertitudes qui s’accumulent du côté chinois, où la croissance s’essouffle.

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Radio France
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Une usine de moteurs de poids lourds à Hangzou (Chine). (STR / AFP)

Le PIB chinois a ralenti plus que prévu au troisième trimestre : +5% à peine entre juillet et septembre, chiffre inférieur aux prévisions après le net rebond enregistré en début d’année (+18,5% entre janvier et mars). Le rythme de progression est le plus faible depuis début 2020, quand l’épidémie de Covid avait mis pratiquement à l’arrêt l’activité en Chine.

Les chiffres officiels de croissance communiqués par le pouvoir en place à Pékin – souvent surestimés – sont pris avec des pincettes par les économistes occidentaux mais la tendance à la baisse est bien là. Plusieurs explications : les incertitudes liées à la conjoncture mondiale s’accumulent, la reprise intérieure reste instable et inégale, le ralentissement du secteur immobilier, des coupures de courant et des perturbations des chaînes d’approvisionnement.

Cela veut dire que la Chine est, elle aussi, victime de la hausse du coût des matières premières et de l'énergie. En particulier du charbon, dont le pays est très dépendant pour faire tourner ses centrales électriques et alimenter l’industrie en énergie. Sur le front sanitaire, l’Empire du Milieu a été confronté l’été dernier à un rebond épidémique présenté comme le plus important en termes d’étendue géographique, ce qui a nettement pénalisé la consommation. Enfin, il y a les problèmes d’Evergrande, le numéro deux chinois de l’immobilier qui plie sous une dette de 240 milliards d’euros difficilement remboursables. Selon la banque suisse UBS, une contagion de la crise immobilière au reste de l’économie chinoise pourrait coûter un à deux points de croissance supplémentaire.

Conséquences pour les pays occidentaux

L'impact le plus direct à prévoir est celui sur les grands partenaires commerciaux de la Chine qui vont voir leurs exportations baisser. En Europe, l’Allemagne, moteur économique du Vieux continent, serait la première touchée. Pour référence, sur la dernière décennie, la Chine tirait près de 30% de la croissance mondiale, le double de celle des États-Unis.

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