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Le brief éco. La mauvaise passe de Gemalto, le géant de la carte SIM

L’entreprise française prévoit de supprimer 10% de ses effectifs en France. Elle n'a pas suffisament anticipé les mutations de son secteur.

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Le logo de Gémalto.
Le logo de Gémalto. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Le groupe français Gemalto, spécialiste de la carte à puce, annonce la suppression de 10% de ses effectifs en France. Près de 290 emplois sur les sites de Géménos et La Ciotat (Bouches-du-Rhône) et Meudon (Ile-de-France). Un revers pour l’entreprise qui avait misé, depuis le début, sur le marché des nouvelles technologies

La roue tourne très vite, trop vite, si on ne sait pas s’adapter. Gemalto est né en 2006 du rapprochement de deux autres entreprises dont les noms sont aujourd’hui pratiquement oubliés : Gemplus et Axalto. Ce spécialiste des cartes SIM avait fait sa force sur le paiement mobile (à l’époque dans les limbes), la sécurité et de la gestion des plateformes logicielles. Il est entré en bourse en 2013 pour en sortir il y a deux ans. Le début de la disgrâce.

Un cœur de métier menacé

Même s’ils restent positifs de plusieurs centaines de millions d’euros, ses résultats devraient baisser de 30 à 35% cette année, et la pêche n’est plus au rendez-vous. Gemalto doit faire face à deux facteurs combinés.

1. La fin de la carte SIM (la puce traditionnelle amovible), bientôt remplacée par l’e-SIM. La puce directement soudée dans le smartphone et qui s'active à distance, ça change radicalement le marché. L’ancien cœur de métier de Gemalto ne représente plus aujourd’hui que 17% de son chiffre d’affaires.

2. La chute du marché américain de la carte bancaire. Entre 2014 et 2016, les Américains ont surinvesti dans ces composants. Résultat, aujourd’hui les stocks sont pleins à craquer et il faut les écouler sur un marché en rapide mutation technologique. Effet direct : baisse de 25% de ce marché pour Gemalto.

L'entreprise continue d’employer 15 000 personnes dans le monde. Elle doit, non pas changer de métier mais jouer l’innovation. Le problème, c’est que le groupe a accumulé du retard dans un monde concurrentiel de plus en plus violent. Gemalto, qui garde une sérieuse expertise dans le domaine de la sécurité, doit se recentrer et se renforcer sur les services : le traitement des data (données informatiques) ; l’échange de données sécurisées (les entreprises, les banques, les Etats en ont d’énormes besoins) ; la connectivité des objets, etc.

L’histoire de Gemalto est la parfaite illustration de l'impact des mutations technologiques qui impose une révolution des métiers. Et surtout, un mot d’ordre : savoir anticiper.

Le logo de Gémalto.
Le logo de Gémalto. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)