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Le brief éco. La bourse de Hong Kong veut avaler celle de Londres

La bourse de Hong Kong va-t-elle racheter celle de Londres ? L’offre est officielle. Une offre surprise, pour laquelle la place de Hong Kong propose 36 milliards d’euros. Rien n’est fait, mais le projet est gigantesque.

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Un trader devant des écrans du CMC Markets à Londres, le 10 décembre 2018.
Un trader devant des écrans du CMC Markets à Londres, le 10 décembre 2018. (DANIEL SORABJI / AFP)

La bourse de Londres va-t-elle passer sous pavillon hongkongais ? Combiner les deux places représenterait pour le marché hongkongais une opportunité stratégique de créer l’une des toutes premières plateformes boursières mondiales. Une assise planétaire. D’ailleurs, certains voient la main de la Chine derrière cette initiative. Mercredi 11 septembre, la bourse de Hong Kong a fait une offre surprise de mariage sur sa rivale de Londres pour 32 milliards de livres (près de 36 milliards d'euros).

Pas d’enthousiasme à Londres

Pour l’instant, le conseil d’administration du London Stock Exchange (qui gère la City) dit simplement qu’il va étudier la proposition et qu’il s’exprimera sur ce sujet le moment venu. La demande en mariage du Hong Kong Exchanges and Compensation (HKEX) intervient alors que celle de Londres est en négociations très avancées pour racheter Refinitiv, un groupe américain fournisseur de données financières, pour près de 26 milliards d’euros. La place londonienne veut devenir une grande spécialiste de l’information financière pour concurrencer Bloomberg, qui est en position dominante dans les salles de marché du monde entier. Visiblement, cette option n’intéresserait pas Hong Kong.

Sans lien direct avec le Brexit

La baisse de la livre sterling, dans le contexte du Brexit, rend les entreprises britanniques moins chères et plus vulnérables aux tentatives de rachat. Mais en réalité, il faut plus y voir la suite de la stratégie d’expansion des opérateurs asiatiques, sur l’Occident en général et l'Europe en particulier. Une dizaine de banques chinoises, dont la puissante Bank of China, sont déjà implantées sur la place financière de Luxembourg.

Diplomatiquement, les enjeux de cette offre de Hong Kong sont énormes dans les relations Est-Ouest. Londres ne va pas vouloir laisser partir ce joyau dans des mains étrangères. Quant à Donald Trump, partenaire des britanniques, il risque de piquer une nouvelle crise. Enfin, c’est sans compter le lien historique entre le Royaume-Uni et Hong Kong, ancienne colonie britannique. Cette union est loin d’être scellée.

Un trader devant des écrans du CMC Markets à Londres, le 10 décembre 2018.
Un trader devant des écrans du CMC Markets à Londres, le 10 décembre 2018. (DANIEL SORABJI / AFP)