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Le brief éco. L'inflation, notre meilleure ennemie

Un indicateur économique est à la hausse : l’inflation. Un sujet très sensible qui touche directement notre pouvoir d’achat.

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(DELPY / MAXPPP)

Le gouvernement revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année. A Bercy, on ne parle plus de 2% mais plutôt d’1,8% de progression du PIB, la richesse produite par l’économie française sur un an. Pendant ce temps, un indicateur est à la hausse : l’inflation. Un sujet très sensible qui touche directement notre pouvoir d’achat.

Selon les derniers chiffres communiqués par l’Insee, les prix à la consommation ont augmenté de 2,3% au mois de juillet sur un an. L’inflation est à son plus haut depuis 2012. Il y a deux ans à peine, l’inflation était négative avec un indice des prix à -0,6%. La donne a bien changé, notamment à cause de la flambée des prix de l’énergie (pétrole et gaz). Sur la seule dernière année, les prix du pétrole ont augmenté de près de 15%.

Croissance en berne mais inflation en hausse : la machine s’enraye-t-elle ?

Paradoxalement, l’inflation n’a pas que de mauvais côtés, contrairement à une baisse prolongée des prix. Face à des prix qui reculent, le consommateur, c'est naturel, se dit : si ça baisse aujourd'hui, ça va baisser encore plus demain. Donc, j'attends un peu pour consommer, je renvoie à plus tard l'achat d’une voiture ou d’un nouvel électroménager, par exemple. Une consommation ainsi différée fait baisser les commandes aux entreprises qui, si cela se prolonge, réduisent leur production, baissent les salaires ou licencient purement et simplement. C'est la spirale infernale, le cercle vicieux de ce que l'on appelle la déflation.

Retour dans la norme

Avec une augmentation des prix de 2,3% en juillet, on revient dans la norme. La Banque centrale européenne estime que le bon niveau d’inflation est de 2%. Ce niveau nous évite le scénario du pire : celui d’un indice des prix trop bas qui empêche aux entreprises d’être rentables et celui d’un indice des prix trop haut qui freine la consommation des ménages. Nous avons donc aujourd'hui un niveau acceptable de hausse des prix, mais il ne faut pas aller plus loin car les salaires ont tendance à stagner. Si les prix augmentent trop avec des salaires qui n’évoluent pas, c’est notre pouvoir d’achat qui trinque réellement au final. Donc, niveau d’inflation correct. Encore faut-il que le gouvernement soit pédagogue sur la question en osant expliquer aux Français que, même si elle a de quoi rebuter l'opinion, une inflation – à condition d’être maîtrisée – est un des ingrédients pour une croissance soutenue. Un peu d’inflation est, en quelque sorte, un mal nécessaire.

(DELPY / MAXPPP)