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Le brief éco. Inondations : premières estimations chiffrées

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Les intempéries et inondations qui ont frappé plusieurs régions françaises à la fin du mois dernier ont laissé des traces : les dégâts pourraient coûter jusqu'à 200 millions d’euros. 

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Radio France
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La Seine en crue, à Paris, le 24 janvier 2018. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Les intempéries et inondations qui ont frappé fin janvier plusieurs régions françaises ont entraîné entre 150 et 200 millions d’euros de dégâts. C’est une première estimation publiée par la Fédération française de l’assurance. Il s’agit du montant des dégâts assurés.

Le nombre de sinistres est estimé entre 25 000 et 30 000 euros, mais tout n’est pas bouclé. Les intempéries ne sont peut-être pas terminées et les assureurs attendent avant de faire leur solde de tout compte. Mais la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle va permettre aux assurés qui ont souscrit une assurance dommages pour leurs biens (logements et véhicules) d’être indemnisés. Les assureurs accepteront les déclarations de sinistres au-delà du délai réglementaire de dix jours à partir de la publication de l’arrêté ministériel de catastrophe naturelle.

Inondations de moindre ampleur que les précédentes

Suite aux intempéries de fin janvier le long de la Seine, la Marne, l’Yonne, le Rhône et la Saône, 275 communes seront reconnues en état de catastrophe naturelle. Il y en aura probablement d’autres après étude des résultats de nouvelles expertises.
Les précédentes inondations qui avaient frappé la France en mai et juin 2016 s’étaient soldées par 182 000 sinistres déclarés auprès des assureurs, pour un coût proche d’un milliard et demi d’euros. 182 000 sinistres en 2016 ; entre 25 et 30 000 cette fois-ci. Les inondations de janvier seront donc moins lourdes à supporter par les assureurs. D’autant moins lourdes que les assureurs se réassurent auprès de l’État. La France est, en effet, le seul pays dont les assurances privées ne prennent pas directement en charge le risque de catastrophe naturelle. Elles avancent l’argent et se font rembourser par les deniers publics. Les agents d’assurance français ne sont en réalité que des courtiers de l’État.

Les tempêtes, pires que les inondations

Même si elles sont spectaculaires et ravageuses, les inondations ne représentent pas le plus gros risque en France, contrairement aux tempêtes, qui peuvent se déplacer sur un front de 800 km et provoquer alors plus de dégâts. Autre vrai sujet : l’urbanisation qui bétonne et imperméabilise les sols. Ce phénomène progresse beaucoup plus rapidement que le réchauffement climatique. Une urbanisation, même en zone inondable, que le système assurantiel français ne dissuade absolument pas.

Là encore, la France fait exception. En plus de la traditionnelle garantie "Maison Risque Habitation", on oblige les assurés à signer un contrat d’assurance catastrophe (dont les tarifs sont déterminés par l’État) et dont le montant est identique, que vous soyez ouvrier habitant le dixième étage d’un immeuble de Seine-Saint-Denis ou propriétaire d’une villa cossue en aval du Gard et qui risque d’être inondée à intervalles irréguliers. C’est le système redistributif à la française, pris en charge par l’État, mais qui n’est ni incitatif à la prévention, ni dissuasif à la construction en zone inondable. Il y a peut-être quelques règles à revoir, ne serait-ce qu’au nom de la logique.

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