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Le brief éco. François Fillon, à quoi ressemblerait son choc fiscal

S’il est élu à l'élection présidentielle au mois de mai prochain, François Fillon promet d’aller vite pour mettre en place les réformes, notamment il promet un choc fiscal. Objectif : redémarrer le moteur de l’économie française.

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François Fillon, vainqueur de la primaire de la droite, le 27 novembre 2016 à Paris.
François Fillon, vainqueur de la primaire de la droite, le 27 novembre 2016 à Paris. (?CEDRIC BUFKENS/WOSTOK PRESS / MAXPPP)

Si il est élu président en mai 2017, François Fillon promet de redémarrer le moteur de l'économie française rapidement en favorisant la consommation et en mettant la croissance au service de l’emploi. Cela s’appelle la politique de l’offre. François Fillon l’a toujours dit : "La France a besoin d’un choc. Pas d’une série de réformes mais un vrai choc !". Sur ce point, on peut lui reconnaître la constance du propos, ce qui a visiblement convaincu les électeurs de la primaire de la droite et du centre.

Sur le papier, la potion est séduisante : les particuliers verraient leurs impôts baisser de 10 milliards d’euros et les entreprises de 40 milliards. Les entreprises seraient les principales bénéficiaires du choc fiscal en question.

Mesures fiscales pour les particuliers

La mesure immédiatement visible, mais qui prend à rebrousse poils, c'est la hausse de deux points de la TVA. Une TVA sociale pour financer la baisse des charges sur les entreprises et les salariés. François Fillon part du principe que c’est la consommation qui doit financer le système social, pas le travail. Parallèlement, il prévoit la suppression de la cotisation salariale maladie dont s’acquittent tous les employés. 5,5 milliards d’euros réinjecté dans le pouvoir d'achat, cela reviendrait à une augmentation de salaire net de 0.75% (le montant de la cotisation).

Autres points forts : le rétablissement de l'universalité des allocations familiales et la baisse des droits de donations (héritages) ; la suppression de l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune) et du prélèvement de l’impôt à la source récemment décidée par le gouvernement. Enfin, les revenus du capital – les revenus tirés de l'immobilier ou les dividendes pour les actionnaires – auraient un taux d'imposition unique de 30%. Finies les niches fiscales.

Mesures fiscales pour les entreprises

Idem : on allège le fardeau de l’impôt. 40 milliards d'euros au total dont 25 milliards d'allègements de charges directes, censés être plus efficaces et moins compliqués que le CICE. Mesure phare : l’abaissement de l’impôt sur les sociétés de 33,3% à 25% pour toutes les entreprises. Objectif : renforcer l’attractivité de la France au sein de l’Europe. Dans l’Union, le taux d’imposition sur les sociétés est de 24% en moyenne.

Ce programme est sans doute finançable 

Toute dépense supplémentaire serait financée par les 100 milliards d’euros d’économies prévues dans les dépenses publiques : 30 milliards d’euros sur le fonctionnement de l’Etat et les établissements publics, 35 milliards de la part des collectivités territoriales et 50 milliards dans les dépenses sociales. Selon les estimations, 80 milliards d’euros des économies prévues sur ces 100 milliards sont argumentées et budgétées.

Maintenant, tout reste à faire. D'abord être élu président de la République en mai prochain. Puis le plus dur viendra car sa base électorale sera beaucoup moins importante que les 68% de la primaire qui lui ont permis de fédérer à droite. Pour remporter la présidentielle il lui faudra glaner des voix ailleurs. En cas de victoire, il aura les pouvoirs pour appliquer ce pour quoi les Français auront voté pour lui... n’en déplaise à l’opposition et certains syndicats qui ne manqueront pas de se rappeler à son bon souvenir.

François Fillon, vainqueur de la primaire de la droite, le 27 novembre 2016 à Paris.
François Fillon, vainqueur de la primaire de la droite, le 27 novembre 2016 à Paris. (?CEDRIC BUFKENS/WOSTOK PRESS / MAXPPP)