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Le brief éco. Dette et développement des pays pauvres : les avancées du "consensus de Dakar"

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Permettre aux pays africains en devenir de financer leur propre développement en attirant les investisseurs, la réflexion est aujourd'hui engagée. 

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Radio France
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Des billets CFA, utilisés en Afriquer de l'Ouest. Photo prétexte. (ISSOUF SANOGO / AFP)

Dans son message de Pâques, dimanche 12 avril, le pape François a proposé de réduire, voire d’annuler, la dette des pays pauvres. Le chef de l’Église catholique remet sur le devant de la scène un sujet sensible et économiquement compliqué. 

Parmi les nombreux exemples, on peut citer notamment les pays du continent africain. L’Afrique qui regorge de richesses, longtemps exploitées, surexeploitées. L’Afrique dont le développement n’a pas suivi tout en étant soumis au rythme des pays riches. Deux exemples très simples : les pays africains de la zone franc, subsahariens pour la plupart, c'est-à-dire situés en-dessous du Sahara (Bénin, Congo, Sénégal, Côte d’Ivoire, etc.) sont soumis aux critères de Maastricht comme nous le sommes en Europe. Pour cause : le franc CFA (qui sera bientôt remplacé) est arrimé à l’euro. En vertu des critères de Maastricht, le déficit de ces pays ne doit donc pas dépasser 3% de leur richesse nationale. Ubuesque.

Notation financière

Le poids de la notation financière est un autre exemple flagrant. L’Afrique subit régulièrement les foudres des agences comme Moody’s ou Standard and Poor’s, ce qui amplifie la perception du risque d’une grande partie du continent alors que sa croissance économique est loin d’être négligeable (3 à 4% pour l’Afrique subsaharienne… les 6% peuvent être facilement atteints).

Les outils pour permettre à ces pays de subsister existent. Encore faut-il les utiliser. Ces moyens ont été débattus au mois de décembre lors d’un forum organisé à Dakar par la République du Sénégal et le Fonds Monétaire International, sur une idée lancée par le Cercle des économistes. Six chefs d’État africains étaient présents pour débattre avec la directrice générale du Fonds Monétaire International, Kristalina Georgieva. De cette réunion est né le consensus de Dakar par opposition au consensus de Washington établi à l'ère du président américain Ronald Reagan, à la fin des années 80, et dictant une discipline budgétaire aux pays émergents. Stricte discipline décidée et imposée par les pays riches sans dialogue avec les principaux intéressés.

Redonner à l’Afrique ses pleins pouvoirs et son autonomie

Permettre à ces pays en devenir de financer leur propre développement en attirant les investisseurs dans le respect des contraintes environnementales et la lutte pour le climat, lutter contre l’échange inégal et la faible rémunération des matières premières par les pays occidentaux, mobiliser l’épargne en faveur de ce développement. Evidemment, cela ne se fera pas du jour au lendemain mais la réflexion est engagée. À défaut d’annuler la dette, plutôt la rendre soutenable.

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