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Le brief éco. Croissance américaine : le FMI encourage Donald Trump

À trois jours de son investiture à la Maison Blanche, Donald Trump reçoit les encouragements du Fonds monétaire international. Selon le FMI, il devrait bien y avoir un effet Trump sur l’économie américaine.

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Conférence de presse de Donald Trump, président élu des États-Unis, à New York, le 11 janvier 2017.
Conférence de presse de Donald Trump, président élu des États-Unis, à New York, le 11 janvier 2017. (DON EMMERT / AFP)

Donald Trump reçoit les encouragements du Fonds monétaire international (FMI). L'insitution financière internationale estime qu'il devrait bien y avoir un effet Trump sur l'économie américaine. Rappelons que Donald Trump doit être investi vendredi 20 janvier et que les Etats-Unis sont le premier actionnaire du FMI avec 60 milliards de dollars au capital.

Un satisfecit et quelques réserves

Selon le FMI, les Etats-Unis connaîtront cette année une croissance de 2,3% (0,1 point de plus qu’espéré) et feront mieux encore pour 2018 : +2,5% (quatre points de base de plus qu’attendu). Un regain d’optimisme que les services de Christine Lagarde, présidente du FMI, attribuent à la relance budgétaire que Trump a dans les cartons : 500 à 600 milliards de dollars de grands travaux d’infrastructures, plan massif de baisse d’impôts, etc…

Le FMI a cependant quelques réserves. Il met un sérieux moderato sur la question protectionniste. Freiner le commerce avec les grandes économies mondiales en mettant des taxes aux frontières s’avèrerait contre-productif. Pour un pays comme le Mexique, le coup porté à l’industrie automobile, que Trump veut voir rapatrier sur le sol américain, serait une saignée dont l’économie mexicaine pourrait profondément souffrir.

Un plan de relance pourtant risqué

N’est-ce pas étrange, voire paradoxal, de voir cette appréciation positive du FMI, après tout ce que l’on a dit sur Donald Trump ? Ce qui est surtout étonnant, c’est le zèle que met le futur locataire de la Maison Blanche dans la relance d’une économie qui connaît une croissance positive quasi ininterrompue depuis presque huit ans, une économie de quasi plein emploi avec des salaires qui repartent à la hausse.

D'autant que les mesures annoncées ne sont pas sans risques :

1. Relancer les grands travaux publics, mais avec quel argent si cette relance est couplée avec une baisse massive d’impôts ?

2. L’argent dégagé par les baisses d’impôt ira-t-il réellement dans la consommation ou vers l’épargne non productive ?

3. Ces mesures vont générer de l'inflation. Si la machine repart de plus belle, la banque centrale n’aura plus besoin de soutenir l’activité avec de faibles taux d’intérêts. Donc les taux ne peuvent que remonter – ce qui est déjà le cas –, ce qui n’est pas bon pour l’Europe, où la reprise se fait attendre. 

Finalement, il reste un tas d'incertitudes, sans compter avec d’autres projets de Donald Trump, comme la dérégulation financière. Il veut abroger la loi Dodd-Frank votée sous Obama pour éviter les dérives bancaires.

Mais Donald Trump n’est pas encore à la Maison Blanche. Nous verrons, une fois assis dans le Bureau ovale, s’il va jusqu’au bout de tous ses ambitions, contraint par un monde dont il se présente comme le sauveur mais qui ne l’attend pas de manière aussi rose bonbon.

Conférence de presse de Donald Trump, président élu des États-Unis, à New York, le 11 janvier 2017.
Conférence de presse de Donald Trump, président élu des États-Unis, à New York, le 11 janvier 2017. (DON EMMERT / AFP)