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Le brief éco. Crise pétrolière : Total réduit ses coûts

La crise pétrolière n’a pas fini de peser sur l’activité des groupes du secteur comme Total. Face à la faiblesse persistante des prix du pétrole, la multinationale française va encore réduire ses coûts et ses investissements.

Article rédigé par franceinfo, Emmanuel Cugny
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Logo TOTAL (DENIS CHARLET / AFP)

Le patron de Total, Patrick Pouyanné, l’a annoncé jeudi 22 septembre devant un parterre d’investisseurs à Londres : le groupe va passer son programme d'économies de 3 à 4 milliards de dollars d'ici 2018. Ce n’est pas anodin car Total fait partie de ces entreprises qui ont les reins plutôt solides et de quoi passer l’hiver. Les cours du pétrole sont plombés depuis 2014 par l’offre excédentaire du marché. C’est la loi de l’offre et de la demande : trop de production face à une demande inférieure. Les prix chutent et cela se ressent en aval de la filière. D’où la nécessité de s’adapter face à des investissements qui perdent en rentabilité.

Quel impact pour la filière ?

Total a resserré les boulons à plusieurs reprises depuis deux ans. Depuis 2014, le prix du baril a repris 60% à 45 dollars mais cela reste moins de la moitié du niveau de l’époque. Le problème reste entier. Cette fois, Total prévoit de faire 4 milliards d’euros d’économies dans les coûts opérationnels à l’horizon 2018. Idem pour les investissements. Les plateformes en mer tournent moins et l’impact se fait sentir jusque chez les équipementiers, les groupes parapétroliers comme Vallourec, qui fabrique des tuyaux sans soudures pour l’industrie pétrolière.

Ce groupe français, leader mondial dans sa spécialité, est lui aussi obligé de réagir. 5 000 emplois en moins sur les deux dernières années, pas de dividendes versés aux actionnaires, etc. Le patron de Vallourec, Philippe Crouzet, ne voit pas le marché repartir avant 2020.

Dans le détail, que prévoit de faire Total ?

Le groupe va réduire ses investissements pour les limiter entre 15 et 17 milliards d’euros par an à partir de 2017. La chasse aux coûts passe aussi par une nouvelle organisation qui vient d’être mise en place et qui permet de rationaliser le fonctionnement des différentes entités du groupe. Total prévoit une cession de 10 milliards d’euros d’actifs d’ici l’an prochain. Total est en train de vendre sa filiale allemande en chimie spécialisée Atotech.

Et puis, c’est certainement le plus significatif, Total va renforcer la diversification de ses activités avec une montée en puissance dans l’exploitation du gaz, mais aussi de l’électricité et des énergies renouvelables d’ici à 2035. Total a déjà racheté le fabricant de batteries Saft, grand spécialiste du stockage de l’énergie électrique. Le géant pétrolier commence à réfléchir au stockage d’énergies du futur. Total a compris que le pétrole n’était pas éternel.

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