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Le brief éco. Chantiers navals de l’Atlantique : l’Etat actionnaire trouve une issue viable

Les chantiers STX-France de Saint-Nazaire ne seront pas nationalisés. La France a trouvé un accord avec l’Italien Fincantieri pour garder sa souveraineté. 

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Chantier naval STX-France à Saint Nazaire (Loire-Atlantique), le 3 janvier 2017. 
Chantier naval STX-France à Saint Nazaire (Loire-Atlantique), le 3 janvier 2017.  (MAXPPP)

Les chantiers STX-France de Saint-Nazaire, vendus par leur propriétaire sud-coréen, ne seront finalement pas nationalisés. Le gouvernement français a trouvé un accord avec l’Italien Fincantieri. Et la souveraineté française est sauvegardée. 

François Hollande ne passera pas le dossier empoisonné à son successeur. Après un quinquennat marqué par des précédents comme Arcelor-Mittal, Alctatel, Alstom, on a là l’exemple type du sujet économiquement, socialement et politiquement ultra-délicat, voire explosif, réglé à 16 jours du premier tour de l’élection présidentielle. Un peu comme si le président sortant voulait donner les clefs d’une maison en ordre à son futur locataire. L'Etat actionnaire s'en sort plutôt bien.

À quoi ressemble l'accord

Sous réserve que tout se mette en place correctement dans les prochains mois, le montage capitalistique est très clair. Fincantieri reprend 48 % de STX-France (l’Italien a accepté de limiter sa participation à moins de la moitié du capital) ; le groupe public français DCNS (anciennement Direction des constructions navales) entre au capital à hauteur de 12 %, l’Etat conservant ses 33 %.

De fait, Fincantieri apparaît comme le véritable repreneur de STX-France, mais en tant qu’actionnaire minoritaire. L’Etat français conservera un droit de véto sur les décisions stratégiques.

>> L'Etat français a encore "le droit de préemption", estime la CFDT STX 

C'est très important car il en va de la souveraineté de la France, notamment dans les constructions de navires militaires. La  "cale sèche" de St-Nazaire (900 mètres de long, la plus grande de France) fait de ce port le seul français capable d’accueillir la construction de coques de navires comme les porte-hélicoptères Mistral ou des pièces de porte-avions.

Rester vigilant

Toutes les incertitudes ne sont pas levées pour autant. D'abord sur le plan social. Fincantieri et STX-France réunis pourraient devenir le cinquième constructeur naval au monde. Ce genre d’opération conduit toujours, malgré les promesses, à une mutualisation de certains services avec suppressions d’emplois. Sur le plan stratégique, il faudra rester vigilant sur les relations de Fincantieri avec ses importants clients chinois qui chassent sur les mêmes mers. Certains craignent des transferts de technologie.

Mais, passées ces quelques réserves bien identifiées, l’opération permet à STX-France de sortir de l’impasse d’une taille devenue critique face à la concurrence internationale, et une rentabilité peu soutenable à long terme malgré les carnets de commandes pleins à ras bord. Les navires sont construits au coup par coup et non en série. Cette stratégie dite de "prototypes" rend difficile une pérennisation de la rentabilité.

Enfin, c’est l’occasion de créer un Airbus maritime. La France qui ne cesse de clamer la grandeur de l’Europe industrielle va pouvoir participer à cette création avec son partenaire italien, même si Paris n’en n’aura pas le leadership.

Chantier naval STX-France à Saint Nazaire (Loire-Atlantique), le 3 janvier 2017. 
Chantier naval STX-France à Saint Nazaire (Loire-Atlantique), le 3 janvier 2017.  (MAXPPP)