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Le brief éco. Catastrophes naturelles et changement climatique : les assureurs font évoluer l'échelle des risques

Mauvaise nouvelle : les primes d’assurance ne peuvent qu’augmenter à l’avenir.

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Une maison détruite par les intempéries à Nice (Alpes-Maritimes), le 25 novembre 2019.
Une maison détruite par les intempéries à Nice (Alpes-Maritimes), le 25 novembre 2019. (VALERY HACHE / AFP)
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La décrue se poursuit lentement dans les zones touchées par les pluies diluviennes et les inondations qui ont frappé le Sud-Est de la France ces derniers jours. La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle va permettre aux assurés qui ont souscrit une assurance dommages d’être indemnisés.

L’échelle des risques évolue en France. Même si elles sont spectaculaires, ravageuses et dramatiques sur le plan humain, les inondations ne représentent pas le plus gros risque en France, contrairement aux tempêtes. Les inondations sont localisées alors que les tempêtes peuvent se déplacer sur un front de plusieurs centaines de kilomètres et provoquer encore plus de dégâts. Autre vrai sujet : l’urbanisation qui bétonne et imperméabilise les sols. Ce phénomène progresse beaucoup plus rapidement que le réchauffement climatique.

Révision annuelle des primes d'assurance

Est-ce que ces événements climatiques à répétition vont se traduire par une hausse des tarifs d’assurance ? Indépendamment des inondations, les assureurs intègrent d’autres risques climatiques et ces derniers sont de plus en plus nombreux. Donc oui, les primes d’assurance ne peuvent qu’augmenter à l’avenir. L'ordre de grandeur est révisé justement chaque année en fonction de tous ces critères. Naturellement, d'autres facteurs, comme la politique monétaire, peuvent occulter pendant des périodes plus ou moins longues la tendance à la hausse.

Concernant le système assurantiel en tant que tel, il faut savoir que la France est le seul pays dont les assurances privées ne couvrent qu’une fraction limitée du coût des catastrophes naturelles, dans la mesure où elles cèdent largement leurs risques à la Caisse Centrale de Réassurance, c’est-à-dire à l’Etat, qui est donc l’assureur en dernier ressort des catastrophes naturelles en France. Si on remonte aux inondations qui avaient frappé la France en mai et juin 2016 : 180.000 sinistres avaient été déclarés auprès des assureurs pour un coût proche d’1 milliard et demi d’euros.

Système redistributif à la française

Autre point sur lequel la France fait exception : en plus de la traditionnelle garantie « Maison Risque Habitation », on oblige les assurés à signer un contrat d’assurance catastrophe, dont les tarifs sont largement déterminés par les conditions imposées par la Caisse Centrale de Réassurance, c’est-à-dire par l’Etat, et dont le montant n’est que marginalement différencié selon que l’assuré habite le dixième étage d’un immeuble en région parisienne, qui ne comporte pas de risques d’inondations, ou une villa cossue en aval d'un fleuve ou d'une rivière qui risque d’être inondée régulièrement. C’est le système redistributif à la française, pris en charge par l’Etat, mais qui n’est ni incitatif à la prévention, ni dissuasif à la construction en zone inondable. Quelques règles qu’il conviendrait, peut-être, de réviser.

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Une maison détruite par les intempéries à Nice (Alpes-Maritimes), le 25 novembre 2019.
Une maison détruite par les intempéries à Nice (Alpes-Maritimes), le 25 novembre 2019. (VALERY HACHE / AFP)